11 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

La vie et la mort

Antumnos

Cernunnos, le dieu cornu, est parfois associé voir comparé à Mercure tant il incarne l’abondance, il a d’ailleurs été représenté à coté de Mercure sur l’autel d’Amiens. De fait, il peut être comparé au père des richesses, Pluton, dieu du monde souterrain, dont le nom semble signifier le riche, plouton en grec, pluto en romain. Si le sceptre d’Hermes est flanqué de deux serpents, l’un étant la vie, l’autre la mort, Cernunnos tient un serpent de sa main sur le chaudron de Gundestrup, sur ce même chaudron les cavaliers suivent un serpent sur la scène de la rennaissance, et il a été représenté avec Apollon sur l’autel d’Amiens, ce dernier ayant été représenté avec Sirona déesse de la guérison, elle-même tenant un serpent. Cela confère également à Cernunnos un rôle guérisseur.

Cernunnos est considéré comme étant le Dis Pater, nom donné par les romains à Pluton, et terme auquel Jules César fit référence. Dis, en latin, signifie d’ailleurs riche, opulent. Toutefois, Taranis, dieu céleste, est le père des dieux et déesses.

Dans ses commentaires sur la guerres des Gaules, Livre VI, Jules Cesar écrit « Les gaulois se vantent d’être issus de Dis Pater, tradition qu’ils disent tenir des druides. C’est pour cette raison qu’ils mesurent le temps, non par le nombre des jours, mais par celui des nuits. Ils calculent les jours de naissance, le commencement des mois et celui des années, de manière à ce que le jour suive la nuit dans leur calcul« . Il parait curieux d’avoir évoqué le comptage des nuits avant le jour et d’en donner la raison que les gaulois se disent issus de Dis Pater. Ce lien entre Dis Pater et la nuit induit de manière indirecte l’obscurité, le noir, soit le Dumnos, ou Dubnos, le monde noir. Encore mieux, l’Antumnos, ou Ande Dumnos, le monde souterrain, lequel est le séjour des défuns. Et c’est pourquoi durant les repas funèbres de l’antiquité, de la nourriture était jeté au sol pour les défunts et les ancêtres. Tacite mentionne aussi dans les mœurs des germains : »La nuit leur paraît marcher avant le jour« .

Le monde souterrain est le monde des défuns, l’au-delà. Il est nommé Antumnos. Le sol, en effet, se nomme Dumnos, Dubnos, Tumnos, dont le sens est ce qui est noir. En gallois et en breton, noir se dit du, et dubh en irlandais et gaélique. Les entrailles du sol étant dans l’obscurité.

L’âme se nomme Anation, ene en breton, enaid en gallois, anam en irlandais et gaélique. l’âme est considérée comme immortelle. Sur le chaudron de Gundestrup, il est gravé la scène suivante. Des cavaliers marchent sur un sol et suivent un serpent. Puis, des carnyx (trompe celtique) soufflés des profondeurs emmènent les humains marcher sous la terre en direction inverse. Un être sort du chaudron un humain et le voici revenu sur le sol. Cette scène montre le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Le sol est le Dumnos, le monde souterrain est l’Antumnos, et le chaudron symbolise l’utérus de la mêre donnant la vie. Le grand personnage tirant l’humain du chaudron peut aussi être un médecin ou une sage femme.

Il est des témoignages latins évoquant ce fait. Jules César mentionnait « Une croyance qu’ils cherchent surtout à établir est que les âmes ne périssent point, et qu’après la mort, elles passent d’un corps à un autre« . Pomponius Mela résume « Le seul dogme qu’ils enseignent publiquement est l’immortalité de l’âme et l’existence d’une autre vie« . Diodore de Sicile écrit « Les âmes des êtres sont immortelles, et chacune d’elles, s’introduisant dans un nouveau corps, revit pendant un nombre indéterminé d’années« .

Le défunt pouvait être inhumé en crémation ou mis en terre, il ne semble pas avoir de règles.

Le monde du vivant et le monde de l’invisible sont inextricablement liés, ainsi les animaux peuvent être des manifestations divins, Ils peuvent aussi être les messagers de l’au-delà, tels le chien, l’oiseau ou le cheval. Ainsi étaient observés les oracles par le vol des oiseaux, une pratique par ailleurs utilisée à Rome et en Grèce. Tacite rapporte de la Germanie « On sait aussi, chez ces peuples, interroger le chant et le vol des oiseaux. Un usage qui leur est particulier, est de demander aux chevaux des présages« . Diodore de Sicile rapporte une pratique identique dans les Gaules « Ils estiment fort ceux qui découvrent l’avenir, soit par le vol des oiseaux, soit par l’inspection des entrailles des animaux sacrifiés« . Tacite ajoute « Il n’est d’augure plus décisif, non seulement pour le peuple, mais pour les prêtres, qui croient que ces animaux sont des confidents des dieux, dont eux ne sont que des ministres« .

Le monde du vivant se nomme le Bitus, en gallois bywyd, en breton buhez, en gaelique et irlandais beatha. Le mot beathach désigne par ailleurs un animal en gaelique. Le Dumnos est la frontière entre le visible et l’unvisible, entre la mise en terre et la naissance du nouveau né.

Les divinités liées au monde souterrain ou monde noire, obscure, que l’on nomme aussi chtoniens, sont en particulier Mercure ou Hermes, Erecura équivalente à Proserpine et Persephone, Cernunnos, Pluton et Hades. Paradoxalement, et bien que leur noms soient célestes, soleil et lune, Sirona et Grannos sont aussi liés aux sources sacrés venant des entrailles du sol.

 

 

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