16 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

Sirona et Grannos

Sirona

Le culte des sources curatives ont été pratiqué par de nombreuses civilisations antiques. Ces sources étaient consacrées à des divinités. Pline l’ancien, dans son livre XXXI (31) traitant des remèdes des eaux, écrit « Sous des noms divers, elles augmentent le nombre des divinités et fondent des villes comme Puteoles dans la Campagnie, Statyelles dans la Ligurie, Aix dans la province Narbonnaise« . Il indique « La cité de Tongres, dans les Gaules, a eu fontaine fameuse (…) cette eau est purgative, elle guérit les fièvres tierces, et dissipe les infections calculeuses« .

 

Il est deux divinités connues sous les noms de Sirona et Grannos, lesquels se sont étendus au delà de la Seine, ont passé le Rhin et suivi le Danube. On en trouve des inscriptions à Augsburg en Allemagne, à Rome en Italie, à Sarmizegetusa en Romanie, par ailleurs lieu spirituel des daces. Grannos est aussi mentionné à Limoges et Grand en France, ainsi qu’à  Astorga en Espagne. Ce dieu et cette déesse ont aussi été priés sous les noms de Boruo et Damona. Il fut d’autres noms, Sequana déesse de la Seine chez les sequanes, ou Icouellauna près du Rhin. On peut découper ce nom en Iaco et Uellauna.

Iaco, soit iachawr, guerisseur en gallois; iachau, guérison en gallois; yac’haat, guérir en breton.

Uellauna, soit gwellaenn ou gwelladenn, guérison en breton; gwella, guérir en gallois.

Ainsi, Ico-Uellauna signifie « qui guérit ».

 

Le nom de Grannos est le soleil, lequel est dit Ghrian en irlandais et gaélique. Le nom de Sirona peut signifier étoile ou astre, lequel est dit seren en gallois. Sirona tient un serpent au bras et, semble t’il, des œufs si l’on se réfère à la statue de Hochscheid en Allemagne. Grannos et Sirona ont été associés au dieu grec et romain Apollon. C’est pourquoi les lunaires Artemis et Diane peuvent être équivalents à Sirona, et le solaire Apollon l’équivalent de Grannos.

Le nom de Sirona se vit aussi écrit sous la forme de Thirona, aussi l’on retrouve le mot Thir, Tir en Gallois, ainsi que Tir(iou) en Breton, signifiant terre, sol, pays, soit Tiros en celtique ancien. De fait, Tironos, du sol, de la terre, se féminise en Tirona, ou Thirona, soit l’eau du sol, l’eau de la terre. Et selon la pensé ancienne, ou pourrait dire l’eau sortant de la terre par le monde souterrain sacré.

Le symbole de la médecine représenté par le serpent était connu des grecs et des romains tout comme pour les celtes. Ainsi est-il utile de préciser que Asclépios en grèce, et Esculape à Rome, était un dieu de la guérison représenté avec un serpent, ce dieu ayant, selon les mythes, été le fils divin de Apollon. On peut voir aussi sous les traits de Sirona la figure de la déesse grècque Hygie, déesse de la guérison et sœur de Panacée également déesse de la guérison, toutes deux filles d’asclépios. Ainsi que Eglé, Iaso, Acéso et Meditrine.

Ainsi, Sirona parèdre de Apollon peut autant être équivalente à Artemis, que à Hygie ou d’autres filles de Asclépios lui-même fils divin de Apollon. Le syncretisme est ici difficile à établir, Sirona pouvant correspondre à Artemis ou Hygie, Grannos pouvant correspondre à Apollon ou Asclepios.

Le dieu Belenos semble équivalent à Grannos, et egalement associé à Apollon, tel qu’en fit allusion les écrits de Ausone, ceux de Herodien et Julius Capitolinus. Bien que la signification de Belenos soit incertaine, elle est généralement dite solaire, comme le sont Apollon et Grannos.

La raison pour laquelle l’oeuf et le serpent se trouvent ensemble liés à la médecine pour les celtes, peut trouver une explication dans les écrits de Pline l’ancien au livre XXIX (29) texte XII (12) « En outre, il est une espèce d’oeuf très renommé dans les Gaules, et dont les Grecs n’ont pas parlé : en été il se rassemble une multitude innombrable de serpents qui s’enlacent, et sont collés les uns aux autres, tant par la bave qu’ils jettent que par l’écume qui transpire de leur corps; il en résulte une boule appelée oeuf de serpent. Les druides disent que cet oeuf est lancé en l’air par les sifflements de ces reptiles; qu’il faut alors le recevoir dans une sale sans lui laisser toucher la terre; que le ravisseur doit s’enfuir à cheval, attendu que les serpents le poursuivent jusqu’à ce qu’une rivière mette une barrière entre eux et lui; qu’on reconnaît cet oeuf s’il flotte contre le courant, même attaché à de l’or.

Mais comme les mages sont ingénieux à donner le change sur leurs fraudes, ils prétendent qu’il faut choisir une certaine lune pour se procurer cet oeuf comme s’il dépendait de la volonté humaine de faire cadrer l’opération des serpents avec l’époque indiquée. J’ai vu, pour mon compte, un de ces oeufs fameux chez les druides; il était de la grosseur d’une moyenne pomme ronde; la coque en était cartilagineuse, avec de nombreuses cupules semblables à celles des bras des poulpes. On le préconise merveilleusement pour le gain des procès et l’accès auprès des souverains; mais cela est si faux, qu’un chevalier romain du pays des Vocontiens, qui pendant un procès portait un de ces oeufs dans son sein, fut mis à mort par le dieu Claude, empereur, sans aucun autre motif que je sache. Toutefois ces entrelacements de serpents, cette concorde d’animaux féroces, paraissent être le motif pour lequel les nations étrangères ont entouré de serpents le caducée , en symbole de paix : l’usage est que ces serpents du caducée n’aient pas de crête« .

A travers ce texte, il parait douteux que les serpents sécrètent cette sorte de produit. En revanche, la vénération du serpent et de l’oeuf est certifié par les statues et les textes anciens, il peut alors s’agir d’un véritable oeuf de serpent que les druides tenaient pour précieux. Selon le texte XI du livre XXIX de Pline l’Ancien, l’oeuf entrait dans de nombreux remèdes de l’antiquité.

 

 

 

 

 

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