18 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

Mercurio et Rosmerta

mercurio

Mercurio Cissonius et Rosmerta ont formé une parèdre.

 

Comme pour Mars, le nom de Mercurio fut suivi d’un nom celtique. Il était Mercuurio Cissonius, Mercurio Uisucius, Mercurio Dumiati, Mercurio Artaios, Mercurius Gebrinnius, Mercurius Moccus, Mercurio Aruenus. Il en reste les vestiges du temple de Mercure au Puy-de-Dôme, et du temple de Donon dans les Vosges.

Il est aussi nommé Lugus, et plus popularisé sous le nom de Lug. Les inscriptions de Lucobo, Lucoubu et Lucubo en Espagne, Lucubus en France, ainsi que la ville de Lugdunum, Lyon, eurent inspiré ce terme. Par ailleurs, l’Armorique, mot celte par lui même Are-Moria, devant la mer, se fut nommé Lugdunensis par les romains.

Mercurio Cissonius et Mercurio Uisucius semble les plus répandus sur le continent. Jules cesar, le nommant Mercure, écrivait « Le dieu qu’ils honorent le plus est mercure, il a un grand nombre de statues. Ils le regardent comme l’inventeur de tous les arts, comme le guide des voyageurs, et comme président à toutes sortes de gains et de commerce« . Il est représenté portant un casque ailé et tenant une bourse à la main. De fait, il est l’équivalent du Mercure romain et du Hermès grec. Et de fait, Hermès étant fils de Zeus, Mercure étant fils de Jupiter, Mercurio Cissonius est le fils de Taranis.

Durant l’antiquité, Mercure avait autant la vocation de protéger les voyageurs que de guider les âmes dans l’au-delà. Diogène Laerte écrivait « Une fois séparée du corps, (l’âme) elle ne quitte point la terre, mais continue à errer dans l’espace sous la forme du corps qu’elle habitait. Mercure est le gardien des âmes (…) il conduit celles qui sont pures dans les régions supérieures (…) l’air est tout rempli d’âmes« .

Mercure en tunique courte bouclé d'un ceinturon et coiffé d'un bandeau, il tient une bourse et un caducée, le sceptre aux deux serpents. Les ailes sont discrètes ou effacées. Rosmerta / Maïa coiffée d'une coupe au bol, est vêtue d'une robe. Elle tient une patère soit un pain rond, et probablement un panier de fruits dont il semble manquer la partie inférieure. Muséum archéologique de Strasbourg. Image libre de droit - domaine publique.

Mercure en tunique courte bouclé d’un ceinturon et coiffé d’un bandeau, il tient une bourse et un caducée, le sceptre aux deux serpents. Les ailes sont discrètes ou effacées. Rosmerta / Maïa coiffée d’une coupe au bol, est vêtue d’une robe. Elle tient une patère soit un pain rond, et probablement un panier de fruits dont il semble manquer la partie inférieure. Muséum archéologique de Strasbourg. Image libre de droit – domaine publique.

Rosmerta est la déesse prodigue, abondante et fertile. Son nom signifie la prodigue donnant, du breton ro signifiant don, du gallois rho signifiant donnant et rhoi signifiant donner, puis du mot gallois moethus signifiant prodigue.

Rosmerta fut parfois nommée Fortuna, déesse romaine de la chance et de la destinée, avec laquelle elle partage la corne d’abondance. Cependant, comme pour Nantosuelte équivalent tout à la fois à Hera est Hestia en Grèce, à Vesta et Junon à Rome; Rosmerta correspond tout à la fois à Charis et Aphrodite en Grèce, Maîa et Venus à Rome. Rosmerta s’est vu en effet associée à Venus.

Charis et Maîa incarnent la nature et l’abondance, tandis que Aphrodite et Venus incarnent la beauté et l’amour. Comme Rosmerta incarne l’abondance et la fertilité, elle est aussi honorée comme étant la terre mère, la déesse mère, la terre nourricière. Elle est représentée tenant une corne servant de coupe ou une corne d’abondance, et une corbeille à fruits. On peut aussi comparer Rosmerta à la déesse romaine Cérès, et la déesse grecques Déméter, toute deux déesses de la terre et de l’agriculture. Aussi celles-ci furent épouses de Jupiter et Zeus. Comme le ciel et la terre se furent épousé et nous verrons que cet union engendra la déesse des saison, Herecura pour les celtes, Proserpine pour les romains et Perséphone pour les grecs.

 

Dans le mythe grec, Héphaïstos le forgeron prit la déesse Charis pour épouse, les charites incarnent la nature, la beauté et la fécondité. Il fut par ailleurs l’époux de la déesse Aphrodite. Celle-ci l’ayant trompé avec le dieu guerrier Ares, Héphaïstos attacha Aphrodite et Ares avec du fil. Nous trouvons une histoire similaire dans le mythe romain. Vulcain le forgeron prit la déesse Maîa pour épouse. Il fut par ailleurs l’époux de la déesse Venus. Celle-ci l’ayant trompé avec le dieu guerrier Mars, Vulcain attacha Venus et Mars avec du fil. Sur ce fait, Gobanos (Sucellos) prit Rosmerta pour épouse. Le frère de Gobanos, le dieu guerrier Loucetios (Toutatis) fut l’amant de Rosmerta, et alors Gobanos attacha Rosmerta et Loucetios avec du fil. Le champ épousant la houe du paysan et du forgeron, est aussi défendu par l’épée du guerrier. Jaloux de sa terre, le paysan cultive autant sa terre qu’il la défend par l’épée, assurant la paix.

 

Maia fut présentée par les romains pour être l’épouse de Jupiter et lesquels eurent pour fils Mercure. De même pour les grecs, pour lesquels Maia fut l’épouse de Zeus ces derniers ayant eu pour fils Hermès.

Il se peut alors que les déesses de la terre Ceres et Demeter, unies à Zeus et Jupiter, eurent été équivalentes à Rosmerta, et à Maia.

Mercurio Cissonius et Rosmerta peuvent aussi correspondre, dans les récits irlandais, à Tailtiu et Lugh. Tailtiu aussi nommée Talantio représente la terre nourricière, elle laissa la vie à défricher une forêt pour permettre aux humains de pratiquer l’agriculture. C’est en son honneur que Lugh, souvent assimilé à Mercure, célébra la fête de Lughnassad. Cette fête, aussi appelé Lammas dans les pays anglophones, ou Lugunaissatis, survient au milieu de la saison claire, à la pleine lune du mois de Elembiuios, appelé Tocobrextio Elembiuios. De fait, Mercurio Cissonius et Rosmerta sont célébrés durant Lughnassad, comme le sont Tailthiu et Lugh. 

 Les germains ont aussi vénéré la terre comme une déesse. Tacite, dans son livre traitant de la Germanie, relate au chapitre XL « Viennent ensuite les Reudignes, les Aviones, les Angles, les Marins, les Eudoses, les Suardones et les Nuithones, tous protégés par des fleuves ou par des forêts. Ces peuples, pris séparément, n’offrent rien de remarquable : un usage commun à tous, c’est l’adoration d’Ertha, c’est-à-dire la Terre Mère. Ils croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes, et qu’elle se promène quelquefois au milieu des nations. Dans une île de l’Océan est un bois consacré, et, dans ce bois, un char couvert, dédié à la déesse. Le prêtre seul a le droit d’y toucher ; il connaît le moment où la déesse est présente dans ce sanctuaire ; elle part traînée par des génisses, et il la suit avec une profonde vénération. Ce sont alors des jours d’allégresse« .

 

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