27 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

lois et moeurs

Il est quatre règles simples et fondamentales dans les préceptes druidiques anciens.

- Honore les dieux et les déesses

- Ne fait pas le mal

- Sois courageux

- Ne craint pas la mort

Dans le monde actuel, ces préceptes sont encore valables. On sait lorsque l’on fait du mal car on ressent alors une culpabilité ou des scrupules. Et quand bien même il n’y aurait pas de scrupules, la personne sait très bien qu’elle fait le mal au moment où elle passe à l’acte.

Les anciens druides étaient aussi des juges, de là découle cette loi, ne pas faire le mal signifiant de respecter les lois. C’est à dire, de ne pas voler, partager l’héritage équitablement, ne pas tuer au sein de la tribu et en dehors des circonstances de guerre.

Etre courageux signifie ne pas trahir et être capable d’affronter l’adversité. Etre courageux, de nos jours, est d’assumer ses actes passés et présents. Ainsi que ses dires passés et ses dires présents. C’est aussi affronter les épreuves sans les fuir.

Ne pas craindre la mort, ou plutôt accueillir la mort, est une foi reposant sur l’immortalité de l’âme et l’existence d’une vie après la mort. La mort ne doit point être provoquée pour autant, mais elle doit être accueillie.

 

Le vol concerne autant le bien d’autrui que les offrandes déposés dans les temples. Diodore écrivait « Dans leur pays, le pavé des temples est semé de pièces d’or que l’on a offert aux dieux. Mais quoi que tous les celtes soient extrêmement avares, pas un d’eux n’ose y toucher, tant la crainte des dieux est imprimée dans leur âme« . Strabon écrivait « La richesse s’y était accumulé, la piété multipliant les offrandes, en même temps que la superstition empêchait d’y porter la main« . Jules César ajoute que la sanction suit ce délit, et qu’elle est bien plus dissuasive que la simple crainte des dieux  »Il n’arrive guère, qu’au méprit de la religion, un gaulois ose s’approprier clandestinement ce qu’il a pris à la guerre, ou ravir quelque chose de ces dépôts. Le plus cruel supplice et la torture sont réservés pour ce larcin« . Strabon écrit encore « on assure même que les trésors trouvés dans la ville de Tolossa. par le général romain Cæpion provenaient d’une partie des dépouilles de Delphes, grossie, il est vrai, des offrandes qu’ils avaient faites ensuite à Apollon sur leurs propres richesses, et dans le but d’apaiser le courroux de ce Dieu, et que c’est pour avoir touché à ces trésors sacrés, que Cæpion finit ses jours si misérablement, loin de sa patrie d’où il avait été chassé comme sacrilège« . Ici, le bannissement du voleur des offrandes provient de la crainte d’avoir offensé la divinité du temple.

 

Au sujet du foyer mais aussi des mœurs, voici ce qui est rapporté. L’infanticide est un crime, Tacite écrivait « tuer quelqu’un des nouveaux nés est flétri comme un crime« . Ce même auteur relatant les régions germaniques, souligne le statut important de la femme. En période de bataille, évoquant la captivité, il écrivait « les germains redoutent bien plus pour leurs femmes que pour eux-mêmes« . Cet auteur écrivait encore  » Ils croient même qu’il y a dans ce sexe quelque chose de divin et de prophétique« .

Lorsque Jules César, parlant des Gaules, écrit « les hommes ont sur leurs femmes, mais aussi sur leurs enfants, le droit de vie et de mort« , cette phrase semble manquer de contexte et s’oppose à l’observation de Tacite. Probablement, l’homme avait l’autorité légal sur la famille, cela ne veut pas pour autant dire qu’il eut vraiment et arbitrairement donné la mort aux membres de sa famille sans quoi il eut été jugé par les druides pour ses crimes. Aussi seuls les druides pouvaient s’exprimer sur une sentence sur ses semblables après jugement, et non un simple membre de la tribu.

 

Concernant les unions de même genre, les celtes se fichaient absolument de l’orientation de tel ou tel. Certains avaient des femmes, d’autres des compagnons, et probablement les deux. La question ne se posait pas et il n’y avait rien de perçu comme contre nature. Cette manière de percevoir la famille classique comme naturelle, et les unions marginales comme contre nature, n’était pas connu des celtes et est plutôt une conception moderne. Diodore de Sicile et pseudo-bardessane en ont fait allusion. Le premier indiquant qu’ils sont « adonnés à l’amour criminel de l’autre sexe« , le second écrivant qu’ils « célèbrent aussi des mariage, et cela n’est pas considéré comme un déshonneur car leur loi le permet ainsi« . Bien sûr cela ne veut pas dire que tous les celtes pratiquaient ces unions, mais cela signifie que chacun était libre de s’unir comme il lui convient.

Le mariage d’un homme et d’une femme est accompagné de la dot, laquelle est complétée par les objets personnels provenant de l’autre famille, afin de créer un patrimoine commun. Pour Tacite, le mari donne la dote à la femme, laquelle complète par ses biens « ce n’est pas la femme, mais le mari qui apporte la dote« . Pour Jules Cesar décrivant les Gaules, la femme donne la dote au mari, lequel complète par ses biens « Autant les maris ont reçu d’argent de leurs épouses à titre de dot, autant ils mettent de leurs propres biens, après estimation faite, en communauté avec cette dot« . La dot constitue une sécurité matérielle et juridique pour la famille, afin de prévoir les aléas de la vie.

 

Le druide est parfois associé à l’écologie, mais la vision que les anciens avaient de la nature et sa conception, la manière de l’honorer et de la percevoir, était très différente de celle que nous avons aujourd’hui. Par exemple, le moyen de rendre honneur au dieu du ciel ou à la déesse de la terre pouvait être de sacrifier le meilleur bovin, le plus précieux des biens, car offrande et sacrifice sont synonymes en langue celte. Le sacrifice de ce que l’on avait de plus précieux était la manière d’honorer les dieux. Aujourd’hui cette pensé serait difficile à concevoir et l’on ne pratique plus les sacrifices de ce type.

On craignait les famines, les mauvaises récoltes, les catastrophes naturelles, sécheresses, pluies trop abondantes et pourrissant les cultures. Cette crainte justifiée conduisait à implorer la terre et le ciel de leur clémence, afin d’apaiser les dieux ou demander leur aide.

Les druides étaient bien plus des administrateurs que des mages de la forêts, ils étaient instruits et appliquaient la juridiction, ainsi que les rites formalisés. Les temples étaient structurées, carrés, avec un péribole pour enceinte, un temenos qui est la cour du temple, un pronaos ou une galerie qui entourait la cella dans le temple, et au centre était la Cella qui était l’espace sacré.

Le chêne était sacré et était aussi vénéré, ses racines touchaient le monde souterrain qui est le monde des défunts, monde sur lequel régnait le père des richesses et lequel donnait vie au sol. Ses branchent s’élançaient dans le ciel, dans lequel règne le dieu tonnerre ou dieu foudre, prodiguant soleil et pluie, et sur lequel repose l’espoir de bonnes récoltes.

Car telle était la vision de l’écologie aux temps anciens, soit avoir de bonnes récoltes, vivre dans la crainte des sécheresses et des pluies trop abondantes, tenir le troupeau pour le bien le plus précieux, et donner aux dieux ce que l’on a de plus précieux.  Nous sommes loin de la vision romantique mais plus proches de la réalité.

Aujourd’hui heureusement nous ne craignons plus les famines.

 

 

 

 

 

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