13 mai 2018 ~ 0 Commentaire

païens et chrétiens

mont blanc - Copie

Le dialogue difficile

Il est un dialogue difficile entre paiens et chrétiens. Résultant par ailleurs de la rancoeur des paiens à l’histoire peu morale du catholicisme envers nos ancêtres, et de l’incompréhension des chrétiens à nous voir vénérer dieux et déesses ainsi que la terre nourricière et la vie terrestre.

Cela est regrettable car toutes les religions sont respectables et chacun doit avoir le droit de vivre sa spiritualité comme il l’entend. Le paganisme est une religion parmi d’autres et le christianisme est aussi une religion parmi d’autres. Même si les chrétiens ne comprennent pas les paiens, et que les paiens ne sont pas en accord avec le christianisme, il serait néanmoins souhaitable que chacun accepte qu’il existe des sensibilités religieuses différentes, que les chrétiens respectent la liberté paienne et que les paiens respectent la liberté chrétienne. Le paganisme n’est pas un rejet du christianisme, il s’agit d’une voie personnelle pouvant vivre en bonne entente avec la société et tous les courants qui la composent.

 

Liberté d’opinion et de croyance

Durant l’antiquité, il n’existait pas autant d’oppositions religieuses, le temps était aux partages spirituels et parfois aux fusions. Ainsi les romains bâtirent des fana où l’on pouvait honorer les dieux celtes et romains de manière égalitaires. De même que les voyageurs brassés dans toute l’Europe pouvaient se livrer à tous les cultes locaux ou familiaux.

Les oppositions spirituelles sont un phénomène nouveaux, apparus entre autres sous l’édit de Thessalonique, mais encore par les heurts opposants les francs aux Saxons et les rivalités ultérieures pour la reconquête de Jerusalem durant les croisades, Puis la tâche indélébile de la saint Barthélémy entraînant la mort de protestants de tout âge. Ces confrontations ont seulement servi les intérêts du pouvoir politique et impérial ou royal sous couvert de religion. 

Notre société applique la liberté de croire et de pratiquer ce que l’on souhaite, que l’on soit chrétien, paien, hindouiste, bouddhiste, musulman, jediiste, juif, netjeriste, animiste, et que chacun comprennent qu’il existe différentes spiritualités aussi respectables les unes que les autres.

 

Les racines de l’Europe

Les chrétiens pensent que l’Europe est chrétienne, et que les racines de l’Europe sont chrétienne. Le christianisme est en vérité universel dans le sens où il s’adresse à chaque personne dans le monde et pas seulement en Europe, les lieux les plus fervents pouvant être autant l’Afrique que l’Amerique du sud. Aussi le christianisme tire ses origines du moyen orient, ce qui est à son honneur, et a été apporté à Rome par les premiers chretiens venus d’orient et étant venus cherché asile après la chute du temple de Jerusalem. Associer le christianisme à l’Europe ou à l’occident serait oublier son origine orientale et sa portée universelle, ce serait aussi une manière de plus à l’occident de s’approprier ce qui est universel.

Le paganisme est une spiritualité européenne, dont le principe est de savoir qui l’on est en tant que Européen. Bien sûr il ne s’agit pas d’un prétexte pour se retrancher dans notre territoire et se distinguer des autres. Nous reconnaissons et respectons les autres spiritualités ancestrales d’Amérique du nord ou du sud, d’Afrique, de Sibérie, de l’Inde et d’ailleurs. Mais nous n’imiterons pas les premières nations d’Amérique ou les chamanes de Sibérie, ce serait un manque de respect fait à ces nations. Nous cherchons à renfort de traces archéologiques et d’écrits anciens qui étaient nos ancêtres et quelle était notre spiritualité, et nous avons désormais assez de connaissances pour en avoir une certaine idée, notamment grâce à l’outil internet recensant les artefacts archéologiques et les textes greco-romains ou de missionnaires.

 

La sois-disant religion du désert et la sois-disant religion de la foret

Cela dit, les appellations de religions des forêts et de religions du désert sont à la fois erronées et manichéennes. Car la période antique fut un grand brassage spirituel, technique et culturel, et l’Europe a autant apporté à l’orient que l’orient eut apporté à l’Europe. Theodose 1er, Saint Martin et Charlemagne venaient-ils du désert ? ils ont été pourtant les véritables bourreaux acharnés envers les païens. Désignerait-on la respectable religion d’Egypte comme religion du désert ? non, probablement car elle n’est pas monothéiste. Le fait que l’on soit polythéiste ou monothéiste n’est pas la véritable question, cela est propre à chacun. La véritable question est le fait de vouloir diviser le monde spirituel en deux partie distinctes, cette de la forêt que l’on sous-entend verdoyante, et celle du désert que l’on sous-entend aride, sec. Car il s’agit bien de l’effet psychologique que cela induit. Tout le monde au IVe, Ve et VIIIe siècle a tiré parti du pouvoir impérial en se servant de la religion chrétienne, Theodose 1er empereur romain afin d’étendre son pouvoir par l’éradication des autres croyances, Clovis le franc salyen afin de légitimer l’empire franc mérovingien en Gaule, Charlemagne afin d’étendre l’empire carolingien sur la Germanie, et cela arrangeait tout le monde bien malgré les véritables chrétiens étant venus chercher asile à Rome.

 

 Les traces du paganisme dans le christianisme

Il est un fait, que l’on le veuille ou non, que des traces de paganisme existent encore dans le christianisme. Le christianisme est respectable, cependant il a été construit en quelques centaines d’années et a du s’adapter aux traditions locales. Les fêtes chrétiennes ont été mis au point par Denys le Petit près de un siècle après l’édit de Thessalonique.

Il est développé ici les parallèles entre le christianisme et le paganisme. 

Un fait troublant est que Hercules ou Heracles est le fils d’une humaine mortelle et du dieu du ciel Jupiter ou Zeus. Tout comme Jesus l’immaculé conception est le fils de la vierge Marie et de Dieu dans les cieux. Aussi Hercules ou Héraclès accomplit 12 travaux comme Jesus eut 12 apôtres. Qu’en est-il du treizième, peut-être doit on voir les douze mois de l’année lunaire et le redouté treizième mois. Jesus peut aussi correspondre à Apollon, solaire et guérisseur. Apollon est le fils du dieu céleste, Jupiter ou Zeus. Il a pour sœur Diane ou Artémis, étant vierge. La vierge, mère de Jesus, peut être un mélange de déesses greco-romaines, vierge comme Diane et Artémis, incarnant la famille et le foyer comme Junon et Hera, incarnant la terre mère nourricière comme Ceres et Demeter.

Apollon le dieu solaire, semble être devenu Mithra vénéré comme le soleil au centre des douze constellations. Comme il y a douze mois. Pour les douze mois lunaires, il en est un treizième intercalaire. Le 25 décembre était le jour de Sol Invictus, le soleil invaincu, devenant Noel la naissance de Jesus. La configuration se retrouve par Jesus et les douze apôtres dont un treizième nommé Juda.

Pour les chretiens, le diable vit en enfer situé sous la terre, et est l’opposé de dieu vivant dans les cieux. Le diable des chrétiens vivant sous la terre, porte des cornes sur la tête et incarne le mal. Là, peut être un malentendu avec les paiens. Car dans le paganisme, ce que les grecs et les romains appellent les enfers, et les celtes le monde noir, est l’au-delà, le monde des défunts, est le monde souterrain dit chtonien. Il n’est en rien le monde infernal de l’enfer mais constitue l’autre monde pouvant précéder une nouvelle incarnation. Pour les grecs, le dieu des enfers est Hades et est le frère du dieu du ciel Zeus. De même pour les romains, Pluton le dieu des enfers est le frère du dieu du ciel Jupiter. C’est pourquoi les paiens donnent des offrandes au sol pour les ancêtres. Chez les celtes, le dieu du monde noir est aussi le dieu de la vie, il est vénéré sous le nom de Cernunnos. Si un chrétien entendrait que nous vénérons un dieu vivant sous la terre et portant des cornes sur la tête, il prendrait peur. Mais Cernunnos est un dieu bénéfique, il apporte la vie venant du monde noir qui est de séjour des défunts, et fait pousser les plantes et les arbres. Les sources venant de sous la terre sont aussi considérées comme sacrées et curatives.

 Les fêtes chrétiennes mélangent plusieurs traditions païennes, les unes observant les solstices et les équinoxes, les autres observant la saison sombre et la saison claire. Ainsi nous pouvons remarquer que Noel se trouve au solstice d’hiver, pâques à l’équinoxe du printemps, l’ascension au passage de la période sombre à la période claire, les feux de la saint Jean au solstice d’été, la Toussaint au passage de la période claire à la période sombre. Par ailleurs le Carem peut coïncider avec les lupercales romaines qui est une fête de purification. Le 25 décembre était une fête romaine appelée Sol Invictus, le soleil invaincu.

Les roues solaires semblent être devenu des symboles chrétiens. Le symbole du Christo représentant ses deux premières lettres grecques X et P, inscrits dans un cercle, évoque la roue solaire à six rayons. La croix chrétienne, lorsque les quatre rayons sont identiques et s’inscrivent dans un cercle, évoque la roue solaire à quatre rayons.

Durant le passage de la période claire à la période sombre, durant laquelle Proserpine quitte Ceres et Jupiter, la terre et le ciel, pour rejoindre Pluton; ou encore que Persephone quitte Demeter et Zeus pour rejoindre Hades, les celtes célébraient la fin des travaux agraires mais aussi les ancêtres du monde noir en donnant les offrandes au sol, de la même manière que sont honorés aujourd’hui les défunts durant la Toussaint à la même période. A cette même période, les romains célébraient les saturnales et les grecs célébraient les petites dyonysies. On attibue à ce moment de l’année chez les celtes le nom de Samonios, ou Samain, que l’on a placé au tiocobrextio samonios.

Durant le passage de la période sombre à la période claire, Proserpine revient auprès de Ceres et Jupiter, la terre et le ciel; ou encore Perséphone revient auprès de Demeter et Zeus. C’est le commencement des semis et des travaux agraires. Les romains célébraient à ce moment la fête des floralies, et les grecs célébraient les grandes dyonysies. On célébre aussi l’arbre de mai, mois donné en référence à la déesse romaine Maia, déesse de la nature et de la beauté. L’arbre de mai, le tronc fertile, ascensionne vers le ciel et les paiens dansent autours de celui-ci. Comme la fête de l’ascension des chrétiens à cette même période  de l’année évoquant l’ascension de Jesus dans le ciel après avoir ressuscité. Chez les celtes, il est attribué à ce moment de l’année le nom de belotennia ou beltaine, que l’on place au tiocobrextio giamonios.

Le personnage de Saint pierre, père de l’église, tenant la clef du paradis dans la main, semble évoquer le Dis Pater paien, Pluton et Hades, accueillant les âmes des défunts dans l’au-delà.  Pluton gardait les clefs de l’au-delà, tandis que Saint Pierre détient les clefs du paradis.

 

Conclusion

 Cela étant, le monde moderne connait désormais une richesses des courants spirituels et une liberté de pratiquer la religion que l’on désir, que l’on soit païen, chrétien ou d’une sensibilité spirituelle différente. Chacun se doit de s’épanouir dans sa propre spiritualité et de respecter la spiritualité d’autrui.

 

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