03 juin 2018 ~ 0 Commentaire

sépulture

SUNP1331

Les découvertes archéologiques font souvent confondre les sépultures avec des sacrifices humains. Si il est vrai que les personnes de hauts rangs étaient inhumés dans des tumulus avec offrandes précieuses, les guerriers pouvaient être offerts aux oiseaux à leur mort afin que ces derniers, êtres célestes et messagers des dieux, les emportent vers les cieux. Les gens du peuple étaient brûlés après leur mort selon le rite de crémation. Ainsi découvre t’on dans certains emplacements sacrés, des ossements humains dont certains calcinés, des crânes exposés sur les poteaux, des guerriers dont les dépouilles étaient entassés à l’air libre pour les oiseaux.

Les sacrifices humains ont existé mais il pouvait s’agir des peines décidés par les druides après jugement suite à un crime. Ainsi le disait Tacite au sujet des pendaisons et des noyades tels que les bog bodies en témoignent, « Cette diversité de supplices tient à l’opinion qu’il faut, en punissant, montrer le crime et cacher l’infamie« . Cependant les sacrifices humains ont été très peu pratiqués, c’était une pratique rare. Les tribus sacrifiaient un bovin ou des animaux de la ferme comme le porc ou le mouton lors des rituels solennels.

Sulpice Sévère, lorsqu’il narre la vie de Saint Martin de Tours, décrit une procession en Gaule au chapitre XII de la manière suivante, par une longue procession, avec la sortie des statues sacrés cachés par un tissus blanc, et le défunt couvert de tissus blanc. « Quelque temps après, Martin, dans un de ses voyages, rencontra le convoi funèbre d’un païen qu’on portait en terre, avec des cérémonies superstitieuses. Voyant de loin cette foule qui s’avançait, et ne sachant ce que c’était, il s’arrêta un instant ; car, se trouvant à peu près à cinq cents pas de distance, il lui était difficile de rien distinguer. Cependant, comme il voyait une troupe de paysans, et que le vent faisait voltiger les linges blancs qui recouvraient, le corps, il crut qu’on accomplissait quelque rite profane et superstitieux : car les paysans, dans leur aveuglement insensé, ont l’habitude de porter autour de leurs champs les images des démons recouvertes d’étoffes blanches« .

Il y avait deux types d’inhumations, soit la crémation et la mise en terre.

Jules Cesar, dans la guerre des gaules livre VI texte XIX écrivait « Les funérailles, eu égard à la civilisation des Gaulois, sont magnifiques et somptueuses. Tout ce qu’on croit avoir été cher au défunt pendant sa vie, on le jette dans le bûcher« .

Diodore de Sicile relevait : « pendant les funérailles, ils jettent dans le bûcher des lettres adressées à leurs parents décédés, comme si les morts les liraient« 

Pomponius Mela écrivait au livre III chapitre II « De là vient que les Gaulois brûlent et enterrent avec les morts tout ce qui est à l’usage des vivants, et qu’autrefois ils ajournaient jusque dans l’autre monde l’exécution des contrats ou le remboursement des prêts« .

Tacite mentionnait au sujet des germains, c’est à dire les tribus vivant à l’est du Rhin, l’usage de la crémation pour certains et des tumulus pour d’autres dont la sépulture était coûteuse. Mais la crémation semble avoir été plus sobre qu’à l’ouest du Rhin. Il écrit « Nul faste dans leurs funérailles : seulement on observe de brûler avec un bois particulier le corps des hommes illustres. On n’entasse sur le bûcher ni étoffes ni parfums ; on n’y met que les armes du mort ; quelquefois le cheval est brûlé avec son maître. On dresse pour tombeau un tertre de gazon : ces pompeux monuments que l’orgueil élève à grands frais leur sembleraient peser sur la cendre des morts« .

Au livre VI texte XVII, Jules Cesar note aussi le fait de les dépouilles des ennemis sont offertes au dieu guerrier, lequel prend le nom romain de Mars « Mars celui de la guerre ; c’est à lui, quand ils ont résolu de combattre, qu’ils font voeu d’ordinaire de consacrer les dépouilles de l’ennemi« . Cela explique le site de Gournay-sur-arronde. Cependant, la dépouille des guerriers de la tribu étaient aussi offerts aux dieux par les oiseaux dans des lieux sacrés, et les armes tordues afin que nul autre ne puisse les utiliser après la mort de leur propriétaire.

Le site de la tonnerie dans le mercantour semble être un lieu de procession funéraire comme le montre les offrandes de pièces de monnaie, les nombreux ossements dont une partie calcinée.

Le lieu est une plateforme entourée de fosse, sur de hautes terres que l’on nomme Albia, c’est à dire les terres touchant le ciel comme dans les Alpes. Les hauteurs ont été particulièrement appréciés pour ériger des temples, comme le temple de Donon et le temple de Mercure au Puy de Dôme. Le mot peut aussi dériver du latin alba, signifiant blanc. Une longue procession devait conduire au lieu sacré. Sur la plateforme centrale devait se dérouler le rite de crémation, ou l’offrande des guerriers déposés au sol pour les oiseaux. Les fosses sont liées à la terre et au dumnos, là sont déposés les ossements des ancêtres avec l’obole et les objets du défunt comme l’épée et autre.

 

 

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