09 août 2018 ~ 0 Commentaire

circumambulation

Fanum

La circumambulation est pratiquée dans l’antiquité, notamment par les celtes et les romains, ainsi que les egyptiens aux dires de Plutarque. Cette pratique consiste à tourner autour du centre sacré lequel est dédié à la divinité ou aux divinités. Elle est également pratiquée en Inde sous le nom de Parikrama, au cours de laquelle les gens circulent autours du temple dans un espace qu’ils appellent Pradakshina, et qui est l’équivalent de la galerie ou du Pronaos dans le paganisme européen. Dans la cirumambulation, les paiens tournent autours de la cella qui est l’espace sacré. Dans un sanctuaire celtique appelé Nemeton, la cella se trouve au centre du sanctuaire, et la partie comprise entre le péribole et la cella est le Pronaos ou la galerie.

sous réserve, Strabon aurait mentionné ce fait concernant les celtes : «  les Gaulois vénèrent leurs dieux en tournant autour« .

Posidonius d’Apamée, relatant un repas ou banquet gaulois, écrivait « L’esclave fait circuler de droite à gauche : c’est ainsi que se fait le service, et pour adorer les dieux on se tourne aussi à droite« . Il créé un parallèle entre le service de banquet circulaire et la manière dont les gaulois honorent les dieux. Se tourner à droite peut indiquer de tourner de manière à ce que la courbe de la trajectoire aille vers la droite, c’est à dire est-sud-ouest-nord.

Pline l’ancien écrit, au livre XXVIII, chapitre V, paragraphe 3 « Pour saluer nous portons la main droite à la bouche, et nous tournons tout le corps à droite; inflexion que les Gaulois font à gauche, la regardant comme plus religieuse« . Posidonius et Pline semblent se contredire, mais c’est bien par la gauche du sanctuaire que commence la circumambulation vers la droite, partant de l’est et suivant le sud, l’ouest, le nord, pour revenir et s’asseoir à l’est face à la divinité.

 

Plutarque, dans la vie de Numa, indique qu’il faut d’abord deux offrandes tirées des fruits de la terre, soit le vin et le blé (galette, pain). Puis que l’on tourne autour de la divinité durant sa prière, avant de s’asseoir face à la divinité. Il explique que cela fait référence au mouvement du ciel, du soleil et des étoiles (rotation de l’univers) lesquelles semblent tourner en cercle dans le ciel au cours d’une nuit. Il explique aussi que tourner ainsi évoque l’impermanance, le mouvement.

Il écrit «  Il avait défendu, par exemple, de faire des libations aux dieux avec le vin d’une vigne non taillée, et de sacrifier jamais sans farine ; il avait ordonné de tourner en rond en adorant les dieux, et de s’asseoir après les avoir adorés. Les deux premières ordonnances semblent recommander la culture de la terre, comme étant une partie de la religion. Le précepte de tourner en adorant les dieux avait, dit-on, pour objet d’imiter le mouvement de la rotation de l’univers ; mais, comme les temples regardaient l’orient, et que l’adorateur avait le dos tourné au soleil, c’était plutôt, je crois, vers le soleil qu’il se tournait, pour se remettre ensuite en présence du dieu. Par ces deux mouvements, il faisait un tour entier, pendant lequel il achevait sa prière. Ou bien, n’y aurait-il pas, dans ce tournoiement, une allusion aux roues égyptiennes ? ne signifierait-il pas qu’il n’y a rien de stable dans les choses humaines, et que, de quelque manière que Dieu tourne et agite notre vie, nous devons nous soumettre et faire sa volonté ? S’asseoir après avoir adoré était, dit-on, un présage que les prières avaient été exaucées, et que les biens qu’on espérait seraient durables. On explique encore le fait autrement. Le repos sépare nos actions : or, après avoir terminé une première action, ils s’asseyaient devant les dieux pour en commencer une nouvelle. Cela peut se rapporter aussi au désir qu’avait le législateur de nous accoutumer, comme je l’ai dit, à ne pas prier les dieux quand nous sommes occupés d’autre chose, par passe-temps, et  comme en courant, mais quand nous avons tout loisir, et que nous sommes libres de toute autre affaire.

La divinité regarde vers l’est, car elle reçoit les premiers rayons du soleil. La personne pratiquant la circumambulation dans le sens de la rotation céleste, passe ainsi à l’est, au sud, à l’ouest où celle-ci se retrouve en face du soleil levant, puis au nord et revient à l’est. Elle s’assoit devant la divinité, dos au soleil et face à la divinité, tandis que la divinité est face au soleil levant.

 

Les prières ainsi pratiquées, outre celles des vénérations,  étaient souvent des vœux ou des supplications, au cours desquels les officiants demandaient des bonnes récoltes, de la pluie lors des sécheresses, du soleil pour les cultures, la protection du village et des familles, la guérison d’une maladie, la protection des voyageurs dont les commerçants en formaient une partie. 

Lorsque les événements allaient dans le sens du voeu formulé, une stèle pouvait être posée en remerciement, on nomme cela un ex-voto. Sur cette stèle était gravé le nom de la personne ayant prié, puis le nom de la divinité à laquelle la prière était destinée, et enfin une phrase standard. En celte ancien, cette phrase disait Dede bratou decanten, ce qui signifie a donné la dime en remerciement. En latin, cette phrase disait Votum Solvit Libens Merito, ce qui signifie ont volontiers accomplit son voeu.

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