18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

Les animaux

Dans la période antique, les animaux jouaient un rôle dans la vie spirituelle. Pline l’ancien et Pythagore affirment tous deux qu’ils avaient une âme. Ils étaient divins, en particulier les oiseaux et les chevaux, mais aussi les serpents, les cerfs, les taureaux, les canidés…

Dans le monde celtique, il arrivait qu’un nom désignait un animal suivi de Genos signifiant « né de », . Nous pourrions dire Cunogenos, né du chien; Urogenos, né de l’oroch ou du bison, branogenos, né du corbeau; artogenos, né de l’ours. Dans l’imagerie divine, les animaux se mêlent aux divinités, comme le cerf, le taureau et le serpent aux cotés de Cernunnos sur le chaudron de Gundestrup, Ce même Cernunnos nourrissant le cerf et le taureau sur l’autel de Reims, le taureau aux trois corneilles sur le pilier des nautes, les cerfs du char de strettweg, le serpent au bras de Thirona et Hygie. En pays helvete, une énigmatique statue représentant une femme et un ours est gravée du terme Deae Artioni, signifiant « la déesse de l’ours ». Elle est rapprochée de Artémis, déesses de la nature et de la chasse, celle-ci étant équivalente à Diane. Une autre inscription située vers Bollendorf en Allemagne, mentionne Artioni biber, que l’on pense dédiée à la déesse de l’ours. A coté se trouve un motif interprété comme étant un maillet, mais qui peut aussi être un arc et une flèche ou un carquois, et la mention approximativement latine Tertius Tertinius Ursulus (Tertius ursus, le troisième ours, le troisième des trois ours(?)).

 

Pline l’ancien, dans le livre XII chapitre 1, écrivait « Telle est l’histoire, par espèces et par organes, de tous les animaux qui ont pu être connus. Reste à parler d’êtres qui ne sont pas non plus dépourvus d’âmes, puisque rien ne vit sans âme : des productions végétales de la terre« 

Les devins consultaient les animaux afin de confirmer un précédent oracle.

 Tacite, X, « Le prêtre de la cité, si c’est l’État qui consulte, le père de famille lui-même, si ce sont des particuliers, invoque les dieux, et, regardant le ciel, il lève trois fois chaque morceau, et fait son pronostic d’après le signe dont il est empreint. Si le sort veut qu’on s’abstienne, on ne consulte plus de tout le jour sur la même affaire ; s’il permet d’agir, on exige encore que les auspices confirment sa réponse : car on sait aussi, chez ces peuples, interroger le chant et le vol des oiseaux. Un usage qui leur est particulier, c’est de demander même aux chevaux des présages et des révélations. L’État nourrit, dans les bocages et les forêts dont j’ai parlé, des chevaux blancs que n’avilit jamais aucun travail profane. On les attelle au char sacré, et le prêtre, avec le roi ou le chef de la cité, les accompagne en observant leurs hennissements et le bruit de leurs naseaux. Il n’est pas d’augure plus décisif, non seulement pour le peuple, mais pour les grands, pour les prêtres, qui croient que ces animaux sont les confidents des dieux, dont eux ne sont que les ministres« .

Les romains pratiquaient ces mêmes rites, Plutarque écrit « Là, le principal augure lui voila la face, le tourna vers le midi, et, se tenant derrière Numa, lui imposa la main droite sur la tête, fit une prière, et porta sa vue de tous les côtés, pour observer ce que les dieux feraient connaître par le vol des oiseaux ou par d’autres signes. Cependant un silence incroyable régnait dans cette foule qui remplissait le Forum : tous les esprits attendaient en suspens ce qui allait arriver, jusqu’à ce qu’enfin il parut des oiseaux de bon augure, et qui tirèrent à droite. Alors Numa prit la robe royale, et il descendit de la citadelle, pour se rendre au milieu du peuple« .

Cet épisode est encore rapportée par Tite-Live au livre II chapitre XVIII, celui-ci mentionne la prière et semble associer l’oiseau à Jupiter, ce qui est propre au monde céleste « Mandé à Rome, il voulut, à l’exemple de Romulus, qui n’avait jeté les fondements de la ville et pris possession de la royauté qu’après avoir consulté les augures, interroger les dieux sur son élection. Un augure, qui dut à cet honneur de conserver à perpétuité ce sacerdoce public, conduisit Numa sur le mont Capitolin. Là, il fit asseoir sur une pierre le nouveau roi, la face tournée au midi, et lui-même, ayant la tête voilée, et dans la main un bâton recourbé, sans noeuds, appelé ‘lituus’, prit place à sa gauche. Alors, promenant ses regards sur la ville et la campagne, il adressa aux dieux ses prières; il traça en idée des limites imaginaires à l’espace compris centre l’Orient et l’Occident, plaçant la droite au midi et la gauche au nord; puis, aussi loin que sa vue pouvait s’étendre, il désigna, en face de lui, un point imaginaire. Enfin, prenant le ‘lituus’ dans la main gauche, et étendant la droite sur la tête de Numa, il prononça cette prière :

« Grand Jupiter, si la volonté divine est que Numa, dont je touche la tête, règne sur les Romains, apprends-nous cette volonté par des signes non équivoques, dans l’espace que je viens de fixer. »

Il définit ensuite la nature des auspices qu’il demandait, et lorsqu’ils se furent manifestés, Numa, déclaré roi, quitta le temple ».

 

L’oiseau est un animal céleste qui délivre ses messages aux devins. Le serpent est un animal que l’on regarde comme lié au monde souterrain car il se déplace à même le sol, il incarne souvent la guérison, les sources, le monde noir. Le cerf est un animal incarnant le monde noir et la vie, ses bois tombant et repoussant ont été regardé de manière plus contemporaine à la mort et la renaissance. Le taureau incarne la richesse et la royauté, il a toujours été regardé comme précieux par les peuples pastoraux. Le sanglier semble avoir incarné le courage et la force des guerriers, il semble avoir été représenté sur les carnyx, les casques, ainsi que sur certaines sculptures comme le sanglier de Soulac-sur-mer. Les chevaux sont les compagnons des humains, ils étaient si estimés et précieux qu’une déesse tardive au nom de Epona leur fut dédié. 

 

Chez les romains, le loup était aussi regardé comme un présage, cela était probablement aussi le cas pour les autres civilisations. Pline l’ancien indique au livre VIII chapitre XXXIV « De tous les présages, le plus favorable est celui de voir son chemin coupé à droite par un loup ayant la gueule pleine« . La droite étant favorable, et la gueule pleine étant signe de satiété.

 

 

En ces temps anciens, les bois étaient peuplés de loups, de bisons, d’aurochs, d’ours, de lynx, avec les sangliers, les cerfs, les biches, les renards. Les humains vivaient dans la protection des villages et dans les champs de cultures, mais ils se sont senti inspiré de respect pour ces animaux incarnant le monde spirituel.

 

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