23 février 2019 ~ 0 Commentaire

Le druidisme expliqué à la jeunesse

J’ai volontairement utilisé le mot druidisme, bien que cet appellation soit moderne et que l’on ne l’utilise guère. On parle surtout de spiritualité druidique, de culture et spiritualité celtique, de culte des ancêtres, de paganisme celte.

J’écris ce texte afin d’orienter la jeunesse laquelle peut se perdre dans tant de théories à foison sur la toile. Certaines de ces théories sont convenables ou respectables, d’autres sont fantaisistes, imaginaires. Plus grave encore, certains liens présentant des stages et autres, peuvent présenter un caractère lucratif, c’est-à-dire des initiations douteuses en échange d’argent.

Il y a plusieurs manières de découvrir la culture celte ancienne. Soit par l’étude des textes anciens grecs, latins et parfois même ecclésiastiques, traitant de la vie des missionnaires lesquelles apportent des détails sur le paganisme. Par l’étude des objets archéologiques, parfois muettes mais fournissant encore d’autres explications. Avec, par exemple, le calendrier de Coligny, le chaudron de gundestrup, le char de strettweg. Ainsi que des sites archéologiques dont la période se doit d’être prouvée par le carbone 14 – et c’est ainsi que nous avons su la divergence culturelle et périodique des mégalithes sans lien avec les celtes. Par l’histoire, les migrations, les invasions, les voies de commerce et comptoirs. Nous pouvons aussi pratiquer des comparaisons culturelles de l’âge du fer.

Une manière généralement pratiquée est l’étude des textes mythiques irlandais. Libre à quiconque de s’en inspirer. Cela étant, les mythes irlandais comme le Lebor Gabala Erenn (livre des conquêtes d’Irlande) ou le Cath Maige Tured (bataille de Mag Tured) , concernent spécifiquement la population de l’Irlande et non les celtes dans leur ensemble, dont le territoire s’étendait de la grande Bretagne à la Galice en Espagne et au Danube en Europe de l’est. Il n’est nul doute cependant, que les Bretons aient été en lien avec l’Irlande appelée alors Hybernia. Cela étant, les mythes d’Irlande appartiennent spécifiquement à l’Irlande et sont censés raconter une histoire mythique de ce pays.

D’autres personnes s’inspirent de la culture hindoue, libre à ces personnes, également, de s’en inspirer. Il est vrai que nous partageons bien des points communs sociétaux, spirituels et culturels. Cependant, il est préférable de retrouver le culte de nos ancêtres, plutôt que de s’approprier une culture qui n’est pas véritablement celui du culte de nos ancêtres. La culture hindoue est respectable et doit rester la propriété des hindous.

Il en est de même pour les personnes imitant des chamanes de Sibérie ou les premières nations d’Amérique. Par respect pour ces peuples, nous ne devons pas nous approprier leur culture honorable.

Du reste, tout ce qui est de l’ordre de la fantaisie, les dolmens, l’Atlantide, les pouvoirs magiques, le chamanisme, les « secrets », sont d’emblée à écarter. A moins de s’intéresser à l’ésotérisme, mais dans ce cas, ce ne sera pas à mélanger avec les druides.

Enfin, il est des courants druidiques ou païens penchant vers le repli sur soi, le rejet de l’autre. Cela est une méconnaissance de l’histoire, car les peuples anciens étaient en mouvement et ont vécu les uns avec les autres, s’inspirant mutuellement par le commerce, la technique et la philosophie.  De fait, le culte des ancêtres est compatible avec l’idée d’appartenir à la grande famille humaine sur cette terre. Nous respectons toutes les sensibilités spirituelles et tous les peuples.

Commençons dès à présent, de présenter les grands traits de la culture et spiritualité des celtes et des druides. Il est question ici de reconstructionisme druidique. De ce qui est des autres voies druidiques, celles du druidisme tricentenaire, je respecte leur manière de pratiquer. Cela va aussi dans le respect des opinions et des spiritualités. Plutôt que de nous diviser, reconnaissons nos diversités qui forment nos richesses.

Dans une grande partie des cultures anciennes, et dont les celtes, le monde se divise en trois parties de manière verticale. Le monde ouranien qui est le monde céleste. Le monde du vivant. Le monde chtonien qui est le monde souterrain, lié aux défunts car ils sont enterrés dans le sol, mais aussi lié aux récoltes car elles sortent de terre. Dans le langage celtique reconstruit, le monde céleste est appelé Nemos soit le ciel, ou Albios que l’on pense tiré du latin Alba et signifiant blanc. Le monde du vivant est appelé Bitus. Le monde souterrain est appelé Dumnos ou Dubnos, mot signifiant noir. Nous parlons donc du monde blanc concernant le monde céleste, et du monde noir concernant le monde souterrain.

Il est prié plusieurs divinités, celles-ci représentent l’environnement de l’être humain et répond à ses besoins. Les celtes étant des peuples agricoles, les divinités sont liés aux activités agricoles.

Taranis, ou Taranucno, est le dieu céleste, son nom signifie foudre, tonnerre. Il incarne le ciel et est représenté tenant une roue solaire et une foudre sous forme d’un sceptre. La pluie, le tonnerre, le soleil, sont ses outils. Le chêne lui est dédié.

Rosmerta est la déesse de la terre et des moissons, son nom signifie prodigue. Elle a été uni en parèdre avec mercure, protecteur des voyageur, guide des défunts et garantissant la prospérité. Le Mercure celte porte de nombreux noms dont Uisucius et Cissonius.

Herecura est la déesse des saisons, l’interprétation de son nom reste énigmatique, mon opinion est que ce nom soit l’aimée, mot se retrouvant en gallois par cheredig. Elle incarne la saison sombre qui est la fin des récoltes, et la saison claire qui est le début des semis.

Les source curatives, c’est-à-dire celles réputés guérir les maladies, ont été dédiés à des divinités. A la déesse Damona et au dieu Boruo. A la déesse Sirona ou Thirona et au dieu Grannos. Thirona peut signifier astre ou étoile, de même que son nom peut signifier « de la terre, du sol ». Grannos peut signifier le soleil. Icouelauna est une contraction de deux mots que l’on retrouve en gallois «Iachau » et « gwella », ou encore en breton «Yac’haat » et «Gwellaen », signifiant tous deux guérison.

Nantosuelte est la déesse du foyer, dont le mot Nant évoque le ruisseau. Elle porte une maison à la main et est unie en parèdre avec le dieu Gobanos ou Sucellos, lequel tient un marteau à la main. Gobanos signifie forgeron, il est à la fois un dieu artisan, agricole et guerrier. Car tout cela est lié, le forgeron ouvrage les outils et la houe pour le paysan, ainsi que les armes, boucliers et casques pour le guerrier. Et le paysan lequel est aussi guerrier défend le village, la famille et le foyer.

Le temple celte se nomme un Nemeton, le mot signifie à la fois céleste ou sacré. Ce Nemeton est généralement dédié à une divinité ou une parèdre. Il est formé de deux espaces, l’un au centre de l’autre. L’espace central est la Cella, le lieu sacré dédié à la divinité, et où l’on dépose les offrandes. L’espace intermédiaire est le Pronaos appelé aussi Galerie. Les officiants tournent autour de la Cella à l’intérieur du Pronaos ou Galerie après avoir donné les offrandes, dans le sens des aiguilles d’une montre c’est-à-dire dans le sens de la course du soleil. Le troisième espace à l’extérieur du pronaos est un espace ouvert délimité par une palissade et dans lequel se déroulent les banquets.

Il existe un certain nombre de fêtes lunaires, dont les plus importantes sont celles indiquant la période sombre et la période claire, et celle se trouvant au milieu de la période claire. On nomme période sombre le moment compris entre la fin des récoltes et le début des semis, soit de novembre à mai. La période claire est le moment compris entre le début des semis et la fin des récoltes, soit de mai à novembre. Les Lacédémoniens de Grèce célébraient de même avec les Karneia et les Hyacinthies. La fête placée au milieu de la période claire fut, avec le calendrier romain, placée à 1er Aout. Il s’agissait de la date du rassemblement du conseil des Gaules au Sanctuaire fédéral des trois Gaules situé à Lugdunum, la ville de Lyon.

Les représentant spirituel des celtes portaient le nom de druides, ou druuis, dont le mot peut signifier intermédiaire, en gallois drwy. Soit l’intermédiaire entre les divinités et les humains. Leur pouvoir sur les membres des peuples celtes était considérable et nous pourrions dire abusif. Il tenait une fonction bien supérieure au roi. Le druide était un juge, un enseignant, un chef spirituel et un médecin.

Les autres fonctions sacrées étaient ceux de barde et de vate. Le mot barde signifie poète, le barde transmettait la mémoire par le chant et la musique à travers la lyre, mais il pouvait aussi improviser, flatter ou honnir quiconque. Le vate était le devin, il interprétait les augures par divers moyens.

Les sacrifices d’animaux ne se pratiquent plus, ils n’ont plus lieu d’être pratiqués.

Je conclurai ici, qu’il faut toujours être vigilent, car la jeunesse pourrait être très sensible à l’environnement extérieur ou familier, et il est souvent difficile de raisonner avec discernement par manque d’expérience  ou de repères. Les fait ici énoncés, ont pour objectif de faciliter les recherches, de trier plus facilement l’abondance d’informations actuelles fondées ou non fondées. Ainsi que d’éviter les pièges, concernant les activités lucratives, les théories fantaisistes et les récupérations idéologiques. De même, vous êtes libres, ne soyez jamais sous la dépendance d’autrui, vous n’avez pas de comptes à rendre en souhaitant quitter un groupe. Si vous entreprenez une démarche de cheminement, vous cheminez, non pour plaire aux autres, mais pour votre propre travail.

Et l’on peut toujours, à tout moment, se remettre en question. Prendre des distances, aller vers de nouvelles voies. Rien n’est fixe.

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