30 avril 2019 ~ 0 Commentaire

l’Irlande

Irelande - Copie

L’Irlande est de nos jours une source d’inspiration pour de nombreuses personnes s’intéressant à la spiritualité des druides et au monde celtique. Cela tient au fait que les sagas de l’Irlande médiévale ont été vues comme étant un témoignage de récits anciens et populaires des campagnes celtiques.

Nous allons nous intéresser ici à l’histoire de l’Irlande, et aux plus anciens témoignages de géographes. L’Irlande n’a été découverte que tardivement par les géographes, car il fallut attendre la conquête de la Grande Bretagne jadis appelée Bretagne, pour en percer les mystères. Selon les historiens, les Bretons de cette îles étaient plus rudes et plus sauvages que dans les Gaules plus raffinées, il fut rapporté que les habitants de l’Irlande étaient plus primitifs encore que ne l’étaient les bretons.

Il est difficile de parler de l’Irlande sans évoquer aussi la Grande Bretagne voisine, aussi il est possible que des bretons aient pu s’installer en Irlande autrefois nommée Hibernia ou Iverne. En effet, des noms de tribus semblent celtiques. Il peut être possible également que des Ibères d’Espagne, jadis nommée Hispanie, aient aussi pu s’installer sur cette île. En effet, les habitants de la Bretagne ont été décrits par Strabon comme étant moins blonds et plus grands que les celtes, ce qui est remarquable dans un lieu aussi septentrionale. 

Nous tenterons aussi de remonter les origines des sagas rédigés par les rois d’Irlande dès le VIIe siècle. Et évoquerons des détails de la vie de Saint Patrick, breton enlevé à seize ans par des irlandais pour en être l’esclave d’un berger, et s’étant enfui à vingt deux ans pour rejoindre ses parents en Grande-Bretagne. Avant de retourner évangéliser l’Irlande au début du Ve siècle.

 

Pline l’ancien évoque vaguement l’île d’Irlande au livre IV (4) chapitre XXX (30) « Agrippa croit que la longueur de cette île est de 800.000 pas, et la largeur de 300.000; que l’Hibernie a la même largeur, mais 200.000 pas de moins en long. Cette dernière île, située au delà de la Bretagne, n’est séparée de la côte des Silures que par un très court trajet de 30.000 pas ».

Strabon en dit d’avantage, il nomme cette île Ierné au livre XLV (45) chapitre IV (4)  et exprime avec honnêteté ses réserves sur les rumeurs que l’on colporte « Il y a dans le voisinage de la Bretagne d’autres îles encore, mais de peu d’étendue; une seule entre toutes est considérable, c’est l’île d’Ierné, située juste au Nord de la Bretagne. Cette île se trouve avoir plus d’étendue en longueur qu’en largeur. Nous n’avons, du reste, rien de certain à en dire, si ce n’est que ses habitants sont encore plus sauvages que ceux de la Bretagne, car ils sont anthropophages en même temps qu’herbivores et croient bien faire en mangeant les corps de leurs pères et en ayant publiquement commerce avec toute espèce de femmes, voire avec leurs mères et leurs sœurs. A dire vrai, ce que nous avançons là repose sur des témoignages peu sûrs »

Pomponius Mela, au livre II chapitre I, les côtes extérieures de l’Hispanie, décrit l’Irlande qu’il nomme Iverne  « Au delà de la Bretagne est l’île Iverne, qui est presque aussi étendue, sous la forme d’un carré long: son climat est peu favorable à la maturité des fruits, mais elle abonde en herbes si succulentes et si douces, qu’il suffit de quelques heures aux troupeaux pour se repaître, et que, si l’on ne prend soin de les retirer à temps des pâturages, l’excès de nourriture les fait crever. Ses habitants ne connaissent ni lois, ni vertus, ni religion ». Nous verrons, en relatant la vie que Saint Patrick, que les Irlandais avaient bien une religion. Ils pratiquaient des offrandes alimentaires comme le miel, vénéraient le soleil et les idoles. Il est juste, cependant de parler de troupeaux, car Saint Patrick a été berger durant sa captivité.

 

Il est ici l’occasion de parler aussi de la Grande-Bretagne, terre voisine de l’Irlande. Pomponius Mela écrivit, toujours concernant les côtes extérieures de l’Hispanie «  On ne tardera pas à parler de la Bretagne et de ses habitants d’une manière plus sûre et plus positive, grâce au génie du plus grand des princes, qui vient de nous ouvrir un pays si longtemps fermé, et qui, déjà maître de plusieurs contrées de cette île que nul autre avant lui n’avait subjuguées ni même connues, après avoir exploré ce pays par la guerre, s’apprête à en enchaîner les images à son char de triomphe (…)  Elle se compose de plusieurs peuples. gouvernés par des rois; mais ils sont tous de mœurs grossières, et, comme ils sont éloignés du continent, ils ne connaissent pas d’autres richesses que leurs troupeaux et les biens de leur territoire. On ne sait si c’est pour se donner un certain agrément, ou pour tout autre motif, qu’ils se peignent le visage avec du pastel. Cependant ils trouvent des prétextes pour se faire la guerre, et s’attaquent souvent les uns les autres, poussés par l’unique désir de commander et d’agrandir leur territoire. armés à la manière des Gaulois, ils combattent non seulement à cheval et à pied, mais encore dans des chars, dont une espèce est armée de faux et appelée covinus« . Strabon, au chapitre II du livre XLV « L’île de Bretagne est presque toute en plaines et en bois; dans maints endroits pourtant le sol s’y élève sensiblement. Elle produit du blé, du bétail, de l’or, de l’argent, du fer, et ce sont là ses principaux articles d’exportation joints à des cuirs, à des esclaves et à d’excellents chiens de chasse, que les Celtes utilisent également pour la guerre, comme ils font leurs races indigènes. Les Bretons sont plus grands que les Celtes et moins blonds, mais plus mous de tempérament. Veut-on se faire une idée de leur haute taille? Nous en avons vu de nos yeux à Rome, qui, à peine sortis de l’enfance, dépassaient d’un demi-pied les hommes les plus grands qu’il y eût dans la ville; il faut dire qu’avec cela ils avaient les jambes cagneuses et le corps généralement mal proportionné. Les mœurs de ces peuples, identiques à peu près à celles des Gaulois, sont pourtant encore plus simples et plus barbares; c’est au point qu’en certains cantons, où les habitants ont du lait en abondance, ils n’en font pas de fromage faute de savoir s’y prendre, et ne sont guère plus expérimentés en fait de jardinage et d’agriculture. Les différents peuples de la Bretagne sont soumis à des rois. A la guerre, ils se servent surtout de chars, comme quelques-uns des peuples de la Gaule. Pour villes, ils ont leurs bois : ils s’y retranchent dans de vastes clairières circulaires au moyen de grands abatis d’arbres et élèvent là, mais toujours temporairement, de simples cahutes pour eux-mêmes à côté des étables de leurs troupeaux. Le climat de la Bretagne est plutôt pluvieux que neigeux : même par les temps clairs, le brouillard y dure assez pour ne laisser voir le soleil en tout que les trois ou quatre heures du milieu du jour« . Diodore de Sicile décrit les bretons de la manière suivante au livre V (5) chapitre XXI (21) « Les habitants de la Bretagne sont, dit-on, autochtones et conservent leurs mœurs primitives. A la guerre ils se servent de chariots comme on le raconte des anciens héros grecs dans la guerre de Troie; leurs maisons sont de chétive apparence, elles sont pour la plupart bâties de roseaux et de bois. Ils font la moisson des céréales en coupant les épis et en les dé- posant dans des lieux souterrains. Ils font sortir les grains des plus anciens épis, et en font leur nourriture journalière. Leurs mœurs sont simples et fort éloignées du raffinement et de la perversité des hommes actuels. Ils mènent une vie sobre, et ils ignorent le luxe que produit la richesse. L’île Britannique est fort peuplée ; l’atmosphère y est entièrement froide, cette île étant située sous l’Ourse. Elle est gouvernée par plusieurs rois et chefs qui la plupart du temps vivent en paix entre eux« .

Enfin, le discours de la reine Boudicca, ou Bodiacée, rapporté par Don Cassius lequel la nomme Bunduica, parle de lui même sur la symbiose que formaient les tribus bretonnes avec leur environnement direct. Il écrivit, au livre LXII Discours de Bunduica aux bretons « Ils ont donc en cela une grande infériorité, et aussi en ce qu’ils ne supportent pas comme nous la faim , la soif, le froid, la chaleur, et qu’ils ont besoin d’ombre, d’abris, d’une nourriture apprêtée, de vin, d’huile, et que le manque d’une de ces choses cause leur perte; au lieu que, pour nous , toute herbe , toute racine nous est nourriture ; tout suc nous est huile, toute eau nous est vin, tout arbre nous est maison. En outre, ces pays nous sont familiers et favorables ; pour eux, au contraire, ils sont, inconnus et ennemis ; nous, nous traversons les fleuves nus et à la nage; eux, ils ont peine à les passer sur des bateaux ». Nous croirions un discours d’une tribu ancestrale devant l’envahisseur civilisé.

 

 Voici des phrases tirées de la confession autobiographique de Saint Patrick.

« J’avais alors environ seize ans. J’ignorais le vrai Dieu et je fus emmené en captivité en Irlande avec tant de milliers d’hommes »

« Et je n’étais pas digne, ni tel que le Seigneur accordât cela à son esclave après les malheurs et tant de misères, après ma captivité, après beaucoup d’années, et me donnât tant de grâces chez cette nation, comme jamais je n’en ai espéré ni imaginé dans ma jeunesse ».

« Mais, après être arrivé en Irlande, chaque jour je faisais paître des troupeaux, et fréquemment dans le jour je priais ; de plus en plus, me venait l’amour de Dieu et la crainte de Lui et ma foi s’accroissait et l’Esprit agissait, en sorte qu’en un seul jour je disais jusqu’à cent prières et presque autant la nuit, comme je demeurais dans les forêts et la montagne »

« Et ensuite, je pris la fuite et je me séparai de l’homme chez qui j’avais été six ans, et j’allais, par la force de Dieu qui me dirigeait dans le bon chemin, et je n’eus aucune crainte jusqu’à ce que je parvinsse à ce navire »

« Et le jour où j’y parvins, le navire avait quitté sa place et je dis que j’avais de quoi naviguer avec eux et cela déplut au pilote et il répondit violemment avec indignation : « Ne cherche pas à aller avec nous. » Et après avoir entendu cela, je me séparai d’eux pour venir à la cabane où je logeais, et en chemin, je me mis à prier, et avant d’avoir terminé mon oraison, j’entendis l’un d’eux qui criait fort après moi : « Viens vite, car les hommes t’appellent, » Ce passage qui semble incohérent montre, comme d’autres passage ressemblant à des hallucinations, que Saint Patrick a peut être eu des symptômes de Schizophrénies.

« et à partir de ce jour ils eurent des vivres en abondance. Même ils trouvèrent du miel sauvage et m’en offrirent une partie. Et un d’entre eux dit : « Ceci est offert en sacrifice.» Dès lors, grâces à Dieu, je n’y goûtai point« .

« Et aussi, dans le voyage, il nous pourvut de vivres, de feu et d’abri chaque jour jusqu’à ce que nous fussions arrivés tous le dixième jour ».

« Et de nouveau, après quelques années, j’étais en Grande-Bretagne avec mes parents qui me reçurent comme leur fils, et me demandèrent instamment que maintenant, après tant de tribulations que j’avais endurées, je ne les quittasse plus jamais ».

« ce n’est pas grâce à moi, mais c’est Dieu qui est vainqueur en moi, et qui résiste à eux tous, depuis que je suis venu chez les gentils d’Irlande prêcher l’Evangile et supporter les outrages des infidèles ».

« C’est pourquoi, en Irlande, ceux qui n’ont jamais eu aucune notion de Dieu, et qui n’ont adoré jusqu’à maintenant toujours que des idoles et des choses immondes, comment sont-ils devenus récemment le peuple du Seigneur et sont-ils appelés fils de Dieu ? Les fils des Scots et les filles des rois on les voit être des moines et des vierges du Christ ».

« Par hasard, quand j’ai baptisé tant de milliers d’hommes, ai-je attendu de quelqu’un d’entre eux même la moitié d’un scripulum ? »

« Car ce soleil que nous voyons, sur l’ordre de Dieu, se lève chaque jour pour nous, mais il ne régnera jamais et sa splendeur ne durera pas ; et tous ceux qui l’adorent viendront malheureux au châtiment. Mais nous qui croyons et adorons le vrai Soleil, le Christ qui ne périra jamais ».

 

Venons en à l’histoire de l’Irlande. Cette île, comme le reste de l’Europe, est couverte de mégalithes datant du néolithique soit près de deux mille ans avant la civilisation de Hallstatt. Certaines constructions sont remarquables, comme le célèbre site de Newgrange sur lequel on eut deviné par des spirales, la forme hasardeuse d’un triskel. De même, le site de Stonehenge en Grande-Bretagne datant aussi de cette époque est remarquable. La civilisation ayant érigé ces mégalithes est antérieure aux celtes et de loin, mais ces lieux ont surement été connus et utilisés durant les âges du bronze et du fer. Par exemple, le site néolithique dit du fort de Navan, que les irlandais ont nommé Emain Macha, a été aménagé vers -100 BC. Les caves tels que les dolmens ou les tumulus avaient initialement une fonction funéraire.

La première population d’Irlande est estimée être venue et s’être installée en -8000 BC. Comme dans le reste de l’Europe avec le réchauffement, l’agriculture a commencé en Irlande vers -4000 BC, et l’on peut penser au mythe de Tailhiu ayant défriché les bois pour permettre aux humains de cultiver le sol. La culture des mégalithes s’écoule approximativement entre -3500 et -3000 BC. Vers -2000 BC, le cuivre commence à être exploité et travaillé, c’est l’âge du bronze. La culture celtique entre en Irlande vers -500 BC, soit durant l’expansion de la Tène. L’art celte s’exprime, comme sur la pierre sculptée de Turoe. De même, débute la création du site de Tara, dont l’utilisation aurait perduré de la Tène jusqu’à l’évangélisation de l’île.

Entre 226 AD et 266 AD se serait déroulé le reigne du roi Cormac Mac Airt. La rédaction des anales des quatre maîtres débutent dès son reigne afin d’enregistrer les événements de l’Irlande. En 400 AD aurait régné le roi Niall Noigiallach.

L’Eveque Paladius vient en Irlande en 431 AD, puis Saint Patrick en 432.

En 536 AD survient un refroidissement brutal du climat, l’Irlande connait la famine. En 563 sont créés des écoles monastiques, la littérature irlandaise s’épanouit, c’est l’âge d’or de l’Irlande.

De 598 AD à 604 AD se déroule de reigne de Aed Slaine, suivi de ses fils dont Diarmait et Blathmac. Les Sagas d’Irlande seraient nées de cet âge d’or irlandais compris entre la création des monastères et le déclin tragique marqué par la peste et les vikings.

Avant qu’il n’y ait eu le premier haut-roi d’Irlande en 846, appelé Mael Sechnaill, les rois régnaient sur différents royaumes de l’Irlande au nombre de neuf et se faisaient la guerre. Ces petits royaumes ont perduré jusqu’au XII et XVIe siècle. Ils se sont nommés Ailech, Airgíalla, Connacht, Leinster, Mide, Osraige, Munster, Thomond et Ulster. Malgré le titre de Haut-roi d’Irlande, le pays gardait ses royaumes indépendants.

Les sagas semblent raconter de manière épique et mythiques, l’histoire des royaumes d’Irlande et de leurs rois. Il traite aussi les lieux importants du pays.

De 664 à 666, l’Irlande est contaminée par la peste jaune. En 795, les vikings font leurs premières incursions en Irlande, ils bâtissent une forteresse près de Dublin en 852 AD. Il s’en suit une longue période de bataille entre les Irlandais et les vikings. Les premiers demandent de l’aide aux anglais, et Henri II d’Angleterre devient seigneur d’Irlande en 1171 AD.

En 1252, l’Irlande connait une sécheresse inhabituelle. 

Les Irlandais s’opposent de plus en plus à la domination anglo-normande en Irlande, tandis que l’Angleterre interdit au parlement Irlandais de voter des lois sans l’accord des anglais.

En 1497, l’Irlande connait une grande famine. Les rapports de force entre les indépendantistes irlandais et la domination anglaise s’étend encore durant le VIe et VIIe siècle, avec des batailles marquées au VIIIe siècle. Le XXe siècle est encore marqué par des grèves et des guerres d’indépendance. En 1921 est créé l’état libre d’Irlande, renommé Eire ou Irlande en 1937.

Au vu de la longue histoire opposant les anglais et les irlandais, nous pouvons comprendre que les irlandais ont tenté de se forger une identité. Aussi le neo-druidisme ainsi nommé et créé en 1717, est vu comme étant un désir de se distinguer culturellement des anglais et de placer les fondements de la culture Irlandaise. Les Sagas médiévales d’Irlande ont servi de support et de redécouverte pour constituer ce courant locale, lequel s’est par la suite étendu en Europe au cours des trois derniers siècles.

 

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