24 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

Les saxons

Il est difficile de savoir si les Saxons ont été celtes, germains, à savoir que les germains étaient fort semblables aux celtes. Les Saxons furent une riche et puissante tribu dont de prestige et le culte des ancêtres perdura jusqu’à Charlemagne et l’empire Carolingien, après l’annexion de la Germanie dans l’empire Franc en 800 AD.

Si une grande partie des nobles Saxons se sont soumis aux Francs au VIIe siècle, Charlemagne (Carlo Magnus) dut affronter un rebelle portant le nom de Vidukind, ce dernier ayant aussi fait alliance avec les Vikings (danois). Aussi, Vikings et Saxons ralliés à Vidukind, n’ont eu de cesse d’attaquer les monastères et les soldats francs. Il est fort probable que, après la conversion de Vidukind au christianisme, les Vikings aient continué à lutter contre l’empire Carolingien en assiégeant Paris et en saccageant le monastère de Lindisfarne.

Un certain Widukind écrivit l’histoire des Saxons, et en donne la signification, marqué par le jour où les Saxons massacrèrent au couteau des ambassadeurs Thuringiens : « Quelques-uns disent que ce fut à l’occasion de cet exploit qu’on leur donna le nom de Saxons, parce que l’on appelle sahs en leur langue les couteaux avec lesquels ils avaient défait les Thuringiens« . Leur réputation était faite. Toutefois, ils subirent souvent l’assaut des Hongrois.

Cet auteur décrivit aussi l’étendart Saxon « Ce bon homme s’étant fait de l’étendard des Saxons, qui était regardé parmi eux comme quelque chose de sacré et qui représentait un lion et un dragon, avec un aigle qui voltigeait au dessus, (c’était un symbole de la force et de la prudence)« .

Eginhard rapporta les événements en Saxe sous Charlemagne. Avant même l’avènement du rebelle Vidukind, les rapports entre les Francs et les Saxons étaient déjà violents. Il écrivit « les Saxons, saisissant l’occasion favorable de l’absence du roi, ravagèrent par le fer et le feu les frontières de Hesse qui touchaient aux leurs » suivit des représailles « Lorsque le roi fut de retour, et avant même que les Saxons pussent en être informés, il envoya dans leur pays une triple armée qui mit tout à feu et à sang, tailla en pièces une multitude de Saxons qui s’efforçaient de résister, et revint en France chargé de butin (…) Le roi passant l’hiver à Quiersi, résolut d’attaquer les cruels et perfides Saxons, et de ne s’arrêter qu’après leur entière extermination ou leur conversion au christianisme« . Avant cela, Charlemagne avait détruit un lieu sacré Saxon. Eginhard mentionne la destruction de Irminsul, le désignant par l’idole des Saxons. Nous ignorons s’il s’agit d’un arbre sacré tel celui supposé représenté sur le site des Extersteine, ou s’il s’agit d’une colonne dédiée à Arminius ou Hermann, vainqueur de la bataille de Teutoburger. Il écrivit au chapitre 772 « Le roi Charles, après avoir tenu son assemblé à Worms, résolut de porter la guerre en Saxe, y entra sans retard, dévasta tout par le fer et le feu, prit le château fort d’Ehresbourg, et renversa l’idole appelée Irminsul par les Saxons« .

 

Il raconte la fuite de Vidukind de cette manière « Au premier souffle du printemps, le roi partit pour Nimègue, et après y avoir célébré la fête de Pâques, ne pouvant ajouter aucune foi aux trompeuses promesses des Saxons, il tint à Paderborn l’assemblée générale du peuple, et entra en Saxe avec une grande armée. Là tout le sénat, et une foule d’hommes de ce peuple perfide, vinrent le trouver d’après son ordre, feignant le dévouement et l’obéissance. Ils étaient en effet tous venus devant lui, excepté Witikind, un des chefs Westphaliens, qui se sentant coupable de beaucoup de crimes, et craignant pour cette cause la présence du roi, avait fui auprès de Siegfried, roi des Danois. Ceux qui étaient venus se soumirent au roi, et obtinrent leur pardon à la condition que, s’ils se révoltaient de nouveau, ils seraient privés de leur patrie et de leur liberté. Un grand nombre d’entre eux se firent baptiser en ce lieu ; mais c’était bien faussement qu’ils disaient vouloir être chrétiens« . Après son exil chez les Normands, Vidukind mûrit sa révolte, Eginhard écrivit :  «  Witikind, qui avait fui chez les Normands, revint dans sa patrie, et, par de vaines espérances, y excita à la révolte les esprits des Saxons« . Le rebelle parvint à convaincre les siens « ces ministres franchirent les frontières de Saxe, ils trouvèrent les Saxons se préparant, d’après le conseil de Witikind, à déclarer la guerre aux Francs« . Après une victoire des Saxons sur les Francs lors d’un combat, les nouvelles arrivèrent au roi des Francs « Tous dénoncèrent Witikind comme auteur de ce forfait, et ils ne purent le livrer, parce qu’après avoir fait le coup, il s’était retiré chez les Normands. Le roi se fit amener quatre mille cinq cents de ceux qui, à sa persuasion, avaient commis un tel crime, et les fit décapiter« . Résolu à mater la rébellion, Charlemagne obtint de nombreuses victoires et dévasta de nombreuses régions de Saxe « Il prit alors sa route par la Thuringe, ordonna à son fils Charles de demeurer avec une partie de l’armée sur les frontières de Westphalie, et gagnant les campagnes de Saxe qui sont sur l’Elbe et la Sale, ravagea le pays des Saxons orientaux, brûla leurs villes, et revint de Schaning en France (…) Le roi réunit de nouveau son armée, partit pour la Saxe, célébra dans son camp le jour de la naissance du Seigneur, et marcha, en le dévastant, dans le canton d’Huellagoge (…) il partit pour dévaster le pays des Saxons et prendre leurs villes ; courant en tous sens, et ravageant tout par le fer et le feu, il fit passer aux Saxons, tant par lui-même que par ses ducs, un hiver très fâcheux« .

Il mentionne aussi la venue des Saxons en Grande-Bretagne, ainsi que la fuite des Bretons à Vannes et à Qimper, ainsi que la révolte des Breton sur les francs « Depuis que la Bretagne d’outre-mer avait été envahie par les Angles et les Saxons, un grand nombre des insulaires, passant la mer, étaient venus s’établir dans les pays de Vannes et de Quimper, situés à l’extrémité de la Gaule. Ce peuple, réduit par les rois Francs â la condition de sujet et de tributaire, avait coutume, quoiqu’à contre cœur, de payer l’impôt qui lui était prescrit ; mais alors il ne voulait plus y consentir, et le roi envoya Audulf, l’un de ses domestiques, qui comprima sur-le-champ l’audace de ce peuple perfide, il amena à Worms les otages qu’il avait reçus et plusieurs des chefs de la nation« .

L’acharnement en Saxe continuait : « Le roi, pendant l’été, se livra à la chasse dans les Ardennes, envoya une armée en Saxe, et fit dévaster le pays des Saxons au-delà de l’Elbe« .

Les saxons païens avaient trouvé refuge en Grande-Bretagne. l’auteur Bede Venerabilis témoigne du calendrier lunaire saxon dévoilant un pan de la culture saxonne, dans le chapitre XV (15) intitulé « De mensibus anglorum ». Le calendrier saxon est assez commun aux calendriers antique car il se compose de douze mois lunaires et d’un treizième mois placé tous les trois ans.

n’étant guère spécialiste en latin, j’ai tenté de traduire ainsi :

« Les anciens peuples, dont les anglais, ont observé la course de la lune, et ont ainsi compté les mois. Le mois lunaire se nomme Monath. Tandis que nous appellons notre premier mois, le mois de Janvier, ils l’appellent Giuli. Pour Fevrier, Sun-Monath. Mars, Rhed-monath. Avril, Eostur-monath. Mai, Thrimilchi-monath. Juin, Lida. Juillet, Lida également. Aout, Veod-monath. Septembre, Haleges-monath. Octobre, Vuinter-fylleth. Novembre, Blod-monath. Decembre, Giuli, le même nom que celui donné durant le mois de Janvier. L’année commence au huitième jour de janvier, au moment où nous célébrons Noel. Nous en avons ratifié la nuit, celle appelée localement Modra-Nicht, à savoir les mères de la nuit, et laquelle semblait suspecte. De manière commune aux autres nations, chaque saisons comportent trois mois lunaires. Mais il arrive que, par une embolie, l’année comporte treize mois lunaire car ils ajoutent un mois d’été supplémentaire auquel on donnait le même nom que le troisième mois. L’année ainsi modifiée était appelée Thri-Lidi, car l’été comprenait alors quatre mois et était supérieur aux trois autres saisons. En outre, une année comportait deux saison, soit l’hiver et l’été, distribués de manière à ce que l’été comporte six mois au cours desquels les jours sont plus longs que les nuits, et l’hiver comporte six mois au cours desquels les nuits sont plus longues que les jours. Par conséquent, le mois de Vuinter-fylleth se compose de deux mots, hiver et pleine lune, car cette lune indique le début de l’hiver. Les mois ont des noms protecteurs. Car le mois débutant le renouveau du soleil et de la chaleur est Giuli, les mois suivants reçoivent leurs noms. le Sun-monath peut être interprété comme le mois du gâteau, ceux qu’ils offrent à leurs divinités. Lors de Rhed-monath, ils honnorent Rheda auquel ils offrent de l’encens. Eostur-monath est maintenant connu comme étant le mois de Easter (c’est à dire Pâques), c’est aussi le nom de la déesse Eostre, honnorée dans les festivals et donnant aussi son nom à la saison de Easter (Printemps). La joie aujourd’hui de fêter Pâque est toujours aussi grande que celle des festivals anciens. Thri-milchi signifie les trois traites de vaches dans la journée. Pour une fois, il y avait l’abondance en Grande-Bretagne et en Germanie, auxquelles se sont joint les Angles, Lida est dit le mois navigable, à la fois la brise douce et l’eau navigable. Vueod-monath, le mois des simples, est le mois le plus généreux durant l’orage. Haleg-monath est le mois du sacrifice (sacrorum). Vuinter-fylleth est un composé de Hiem (hiver) et Plenilunium (pleine lune). Blot-monath est le mois du sacrifice du bétail. Merci, Jesus, pour qui la nourriture que nous lui offrons est un sacrifice de louange« .

texte en latin : 

« Antiqui autem Anglorum populi (neque enim mihi congruum videtur, aliarum gentium annalem observantiam dicere, et meae reticere) iuxta cursum lunae suos menses computavere; unde et a luna Hebraeorum et Graecorum more nomen accipiunt. Si quidem apud eos luna mona, mensis monath appellatur. Primusque eorum mensis, quidem Latini Januarium vocant, dicitur Giuli. Deinde Februarius Sol-monath, Martius Rhed-monath, Aprilis Eostur-monath, Maius Thrimylchi, Junius Lida, Julius similiter Lida, Augustus Vueod-monath, September Haleg-monath, Oktober Vuinter-fylleth, November Blod-monath, December Giuli, eodem Januarius nomine, vocatur. Incipiebant autem annum ab octavo Calendarum Januariarum die, ubi nunc natale Domini celebramus. Et ipsam noctem nunc nobis sacrosanctum, tunc gentili vocabulo Modranicht, id est, matrum noctem, appellabant, ob causam, ut suspicamur. ceremoniarum quas in ea pervigiles agebant. Et quotiescunque communis esset annus, ternos menses lunares singulis anni temporibus dabant. Cum vero embolismus, hoc est, XIII mensium lunarium annus occurreret, superfluum mensem aestati apponebant, ita ut tunc tres menses simul Lida nomine vocarentur, et ob id annus ille Thri-lidi cognominabatur, habens IV menses aestatis, ternos ut semper temporum caeterorum. Item principaliter annum totum in duo tempora, hyemis, videlicet, et aestatis dispartiebant, sex illos menses quibus longiores noctibus dies sunt aestati tribuendo, sex reliquos hyemi. Unde et mensem quo hyemalia tempora incipiebant Vuinter-fylleth appellabant, composito nomine ab hyeme et plenilunio, quia videlicet a plenilunio eiusdem mensis hyems sortiretur initium. Nec ab re est si et caetera mensium eorum quid significent nomina interpretari curemus. Menses Giuli a conversione solis in auctum diei, quia unus eorum praecedit, alius subsequitur, nomina accipiunt. Sol-monath dici potest mensis placentarum, quas in eo diis suis offerebant; Rhed-monath a deo illorum Rheda, cui in illo sacrificabant, nominatur; Eostur-monath, qui nunc paschalis mensis interpretetur, quondam a dea illorum quae Eostre vocabatur, et cui in illo festa celebrabant, nomen habuit, a cuius nomine nunc paschale tempus cognominant; consueto antiquae observationis vocabulo gaudia novae solemnitatis vocantes. Tri-milchi dicebatur, quod tribus vicibus in eo per diem pecora mulgebantur. Talis enim erat quondam ubertas Britanniae, vel Germaniae, de qua in Britanniam natio intravit Anglorum. Lida dicitur blandus, sive navigabilis, quod in utroque mense et blanda sit serenitas aurarum, et navigari soleant aequora. Vueod-monath mensis zizaniorum, quod ea tempestate maxime abundent. Halegh-monath mensis sacrorum. Vuinter-fylleth potest dici composito novo nomine hyemeplenilunium. Blot-monath mensis immolationum, quia in ea pecora quae occisuri erant diis suis voverent. Gratias tibi, bone Jesu, qui nos, ab his vanis avertens, tibi sacrificia laudis offere donasti ».

 

Le passage de ce calendrier n’est pas sans rappeler celui de Coligny partagé en deux parties entre le mois de l’été (Samonios) comprenat six mois, et le mois de l’hiver (Giamonios) comprenant également six mois. Il est intéressant de voir que les Saxons débutaient leur hiver vers Octobre (Vuinter-filleth), créant une sorte de parallèle avec la période Sombre. La période claire semble s’ouvrir avec Eostur-monath durant laquelle la déesse Eostre ouvre le printemps dès avril. Ces périodes claires et sombres de six mois chacune se retrouvent aussi dans les mythes de Proserpine et de Perséphone. Le mois de Giuli se dit aujourd’hui Yule, et l’on désigne parfois ainsi le solstice d’hiver, en particulier dans les courants nordiques ou anglo-saxon.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Seigneurdirige |
Eglise du Christ de Clermon... |
Habitants |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Tournée FJ en Bretagne
| Jeanstune38
| Blog de Pierre-Yves LENOBLE