11 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

Samain – la période sombre

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Samain, une célébration appelée ainsi en référence aux récits Irlandais, aussi appelée Samonios en référence au calendrier de Coligny, marque de nos jours dans les pratiques païennes contemporaines d’inspiration celtiques, l’entrée dans la période sombre. Celle-ci marque la nouvelle année, elle est animée d’un banquet funéraire dans lequel les défunts sont honorés, que de la nourriture leur est offert pour le monde noir, et que Cernunnos est honoré. Cette fête ressemble tant dans la période que dans la démarche, à la fête de la Toussaint, et celle de Halloween. Nous verrons que cela est lié.

Il y a deux manière de célébrer l’entrée dans la période sombre, soit la manière solaire par la date fixe du 1er novembre dans le cas de Samain, soit par la manière lunaire en observant le deuxième, troisième et quatrième jour après le dernier quartier du mois lunaire de Samonios, que l’on a pensé lire à travers la phrase gravée des Trinosam (abrégé de tri noux samoni), les trois nuits de Samonios.

Le mot Samain est un mot irlandais en particulier présent dans les récits irlandais ayant marqué l’âge d’or de l’Irlande, depuis les créations de monastères ayant favorisé l’activité littéraire dès 563 AD, jusqu’à la peste jaune en 664 AD et l’arrivée des vikings en 795, au terme de laquelle s’éternisa un conflit entre les irlandais et les vikings. Cependant, la littérature irlandais concerne seulement l’Irlande, elle évoque les hauts faits des rois de manière mythique, ainsi que les lieux importants de l’Irlande et les moeurs et coutumes de ce pays. Elle ne représente donc pas la grande partie du territoire celtique comprenant les régions du Rhin, du Danube, des Alpes et de l’île de Bretagne jusque au pays des Aquitains. Nous verrons toutefois, qu’il est avisé d’accueillir la période sombre ou Hiver à ce moment de l’année.

Le mot Samnios vient du calendrier de Coligny que l’on attribue aux tribus Ambari ou Sequani, il semble dater du II ème siecle et utilise les chiffres romains et les lettres romaines. Il s’agit du premier mois de l’année, et s’oppose au mois de Giamonios. Ces deux mois ont la particularité d’être précédé, au cours du cycle de cinq ans, d’un treizième mois afin de restaurer l’équilibre lunaire et solaire sur un siècle de trente ans. La première année pour le mois de Samonios, et la troisième année pour le mois de Giamonios. Nous avons désormais compris le fonctionnement de ce calendrier lunaire organisé en deux quinzaine de jours par mois. Cependant, il n’est guère certain que les mois lunaires celtiques correspondent aux interprétations modernes. Car en effet, le mois de Samonios, sur un calendrier trouvé à la fin du XIXe siècle, a été perçu comme étant relié à la fête de Samain des récits irlandais. Aussi, les trois nuits de Samonios marqués au second, troisième et quatrième jour après Atenoux au milieu du mois, soit les tri noux samoni, ont été perçues comme étant les trois nuits de Samain. Cependant, ces deux mots, Samonios et Samain, n’ont pas la même signification. Tandis que Samhain désigne le rassemblement, Mid Samonios signifie le mois de l’été, et par conséquent Mid Giamonios signifie le mois de l’hiver. Samhain désigne le mois de Novembre en Irlandais. Il a été rapproché à Samhain le mot Samana, lequel en sanscrit, gothique et germanique ancien, signifie Ensemble. Il a été aussi rapproché à ce mot celui de Samonios, c’est pourquoi il a été interprété comme étant la fin de l’été. La théorie druidique moderne a placé le mois de Samonios vers le mois de novembre, afin de correspondre à la fête de Samain célébrée le 1er novembre par les druides tricentenaires ayant fondé un renouveau druidique en Irlande selon l’identité propre aux irlandais, et dont la période correspond à la fête de la Toussaint, ou encore Halloween la fête de tous les saints. Toutefois, cette fête des morts située en automne a quelque chose d’ancestrale bien que fixé dans le calendrier chrétien par le pape Gregoire IV en 835 AD, près de trente cinq ans après le couronnement de Charlemagne au saint empire d’occident suite à l’annexion de la Germanie.

Une théorie plus moderne, se basant davantage sur l’étymologie et la logique, propose de placer Mid Samonios vers le mois de juin, vers le solstice d’été, et Mid Giamonios vers décembre, vers le solstice d’hiver. La question n’est toujours pas résolue.

Car en effet, les anciennes civilisations célébraient l’été et l’hiver comme étant deux partie égales de l’année. Souvent, ces célébrations sont en rapport avec le mythe de Proserpine ou Persephone, que l’on dit déesse des saisons. Son équivalence celtique se nomme Herecura, et est parèdre du Dis Pater le père des richesses. Le Dis Pater celtique est difficile à identifier, mais il s’agit du même Dis Pater que pour les romains et les grecs, à savoir Pluton et Hades. A la fois pourvoyeur de moissons, et régnant dans le monde des morts. C’est pourquoi, lors des repas funèbre, de la nourriture est jeté au sol. Il est difficile d’identifier le Dis Pater celtique, mais il semble s’agir de Cernunnos, représenté par des bois de cerfs et se distinguant par cette représentation singulière, de celle des civilisations voisines. Cernunnos est la seul divinité à se tenir assis, indiquant son lien avec le monde souterrain, il est aussi la seule divinité à porter un torque représentant sa richesse, et il nourrit les animaux par les graines qu’il dispense. Il tient aussi le serpent, un animal lié au sol. 

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Cernunnos représenté sur le chaudron de Gundestrup, en position assise.

 

Dans le mythe, Persephone, fille de Zeus le dieu céleste, et de Demeter la déesse terre, est enlevée par le Dis Pater. Demeter recherche alors sa fille durant neuf jours et neuf nuits, délaissant la fertilité du sol. Lorsque enfin elle parvient à retrouver sa fille en compagnie de Hades, et Zeus de même, il est convenu que Persephone resterait six mois de l’année dans le sol avec son epoux, et reviendrait six mois de l’année avec ses parents. C’est pourquoi l’année est divisée en deux parties, soit six mois d’hiver entre les récoltes et les semis, et six mois d’été entre les semis et les récoltes.

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Personnage tenant une roue, gravé sur le chaudron de gundestrup. Il peut s’agir de la déesse des saison Herecura / Proserpine tournant la roue solaire du dieu céleste Taranis / Jupiter. Un serpent se tient sous le personnage, le casque est orné de cornes comme sur les casques de rituel de Vesko. Des griffons vont vers la gauche et des canidés vers la droite.

Parmi les civilisations ayant observé cela, la cité-état de Athènes célébrait les grandes Dionysies et les petites Dionysies. Les Lacédémoniens de Sparte célébraient les trois jours des Karneia et les neuf jours des Hyacinthies. Les païens Anglais reconnaissaient la pleine lune de l’hiver par le mois lunaire de Vuinter-filleth vers le mois d’octobre, et célébraient par un festival la déesse Eostre par le soleil de l’est vers le mois d’avril, au cours du mois de Eostre portant son nom, et devenu Ester soit la fête de Pâques. Il est donc possible que les celtes, vénérant Proserpine sous le nom de Herecura ainsi que le Dis Pater, aient pu célébrer des festivités marquant six mois d’été et six mois d’hiver. Et que les trois nuits de samonios marquent les trois nuits de l’été. Quand au mois de Giamonios, il comporte à l’opposé, soit au deuxième jour après Atenoux, les initiales de NSDS dont le sens nous est inconnue. Il se pourrait qu’il puisse s’agir de neuf jour de l’hiver, soit Nauan SinDiu (neuf, en ces jours présents) Simiuis (Invitation ? )  …

En présentant le calendrier lunaire des Angle, Bede Venerabilis écrivait ceci : « En outre, une année comportait deux saison, soit l’hiver et l’été, distribués de manière à ce que l’été comporte six mois au cours desquels les jours sont plus longs que les nuits, et l’hiver comporte six mois au cours desquels les nuits sont plus longues que les jours. Par conséquent, le mois de Vuinter-fylleth se compose de deux mots, hiver et pleine lune, car cette lune indique le début de l’hiver« . Il précisait aussi « Octobre, Vuinter-fylleth« , la lune du mois lunaire anglais situé vers le mois d’octobre indiquait le commencement de l’hiver. ce mois s’opposait à la célébration de easter, pâque, par le mois de Eostur monath vers avril, durant laquelle les anglais vénéraient la déesse Eostre.

Il est donc crédible de parler de l’entrée dans la période sombre vers le mois de novembre, et d’entrée dans la période claire vers le mois de mai. Le mot Samain reste utilisé pour la première, et Beltaine pour la seconde. Mais il est difficile de trouver un terme exacte, et il est plus juste de parler de saison sombre et de saison claire. Il me parait bien plus avisé de nommer l’été, soit le début des semis vers mai, par Samon, et l’hiver, soit la fin des récoltes vers novembre, par Giamon.

 

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