13 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

Les gaulois

aulos - Copie

Qui furent les gaulois ? Comment les distinguer des celtes ? Les gaulois étaient ils celtes ?

A ces questions, nous pouvons résumer que les gaulois étaient les celtes habitant dans les Gaules, et qui étaient au nombre de soixante tribus. Mais les Gaules ont été délimités par les fleuves et les montagnes par Rome, afin de faciliter le travail administratif. 

Il fut convenu que la partie comprise entre les Pyrénées et la Garonne serait l’Aquitaine. Celle comprise entre le Rhône et les Alpes appelée auparavant Braccata, ainsi que la Lygurie serait la Gaule Narbonnaise. Celle comprise entre la Garonne et la Seine serait la Gaule Celtique ou chevelue. Celle comprise entre la Seine et le Rhin serait la Belgique.

La braccata nous est rapporté par Pomponius Mela au livre II (2) chapitre V (5) : « La région que baigne notre mer, surnommée autrefois Braccataaujourd’hui Narbonnaise, est mieux cultivée que l’autre et, par conséquent, plus riante« . Pline l’ancien écrivait au livre III (3) chapitre V (5) « On donne le nom de Narbonnaise à la partie de la Gaule qui est baignée par la Méditerranée: elle se nommait jadis Braccata« 

Jules Cesar écrivait dans le livre 1 de la Guerre des Gaules au chapitre 1 « Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l’une est habitée par les Belges, l’autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes, et dans la nôtre, Gaulois. Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine (…) Le pays habité, comme nous l’avons dit, par les Gaulois, commence au Rhône, et est borné par la Garonne, l’Océan et les frontières des Belges ; du côté des Séquanes et des Helvètes, il va jusqu’au Rhin ; il est situé au nord. Celui des Belges commence à l’extrême frontière de la Gaule, et est borné par la partie inférieure du Rhin ; il regarde le nord et l’orient. L’Aquitaine s’étend de la Garonne aux Pyrénées, et à cette partie de l’Océan qui baigne les côtes d’Espagne ; elle est entre le couchant et le nord« .

Pline l’ancien, livre IV (4) chapitre XXXI, écrivait « Toute la Gaule désignée sous le nom général de Chevelue est divisée entre trois peuples séparés surtout par des fleuves soit : la Belgique, de l’Escaut à la Seine. De la Seine à la Garonne, la Celtique ou Lyonnaise. De la Garonne à la chaîne des Pyrénées, l’Aquitaine, appelée auparavant Arémorique ». Le terme de Are Morica, conservée en Bretagne, signifie « au devant de la mer.

Strabon, au livre IV (4) chapitre 1 écrit : « on la divisait [anciennement] en trois parties, l’Aquitaine, la Belgique et la Celtique [proprement dite], les populations de l’Aquitaine formant, non seulement par leur idiome, mais encore par leurs traits physiques beaucoup plus rapprochés du type ibère que du type galate [ou gaulois], un groupe complètement à part des autres peuples de la Gaule, qui ont tous au contraire [un type de physionomie uniforme], le vrai type gaulois, et qui ne se distinguent les uns des autres que parce qu’ils ne parlent pas tous leur langue absolument de même, mais se servent de plusieurs dialectes ayant entre eux de légères différences, lesquelles se retrouvent aussi dans la forme de leurs gouvernements et dans leur manière de vivre (…) Mais Auguste vint qui divisa la Gaule en quatre parties : il fit de l’ancienne Celtique la province Narbonitide ou Narbonnaise, maintint l’Aquitaine telle qu’elle était du temps de César, si ce n’est qu’il y annexa quatorze des peuples compris entre le Garounas et le Liger, puis, ayant distribué le reste de la Gaule en deux provinces, il rattacha l’une à Lugdunum, en lui donnant pour limite le cours supérieur du Rhin, et assigna l’autre aux Belges« .

Strabon écrit encore, comment la ville de Lugdunum et son sanctuaire fut situé aux confluents des Gaules, il écrit au livre XLVI (46) chapitre XI (11) « Comme la ville de Lugdunum s’élève au centre même de la Gaule et que, par sa situation au confluent de deux grands fleuves et à proximité des différentes parties de la contrée, elle en est pour ainsi dire l’acropole ou la citadelle, Agrippa l’a choisie pour en faire le point de départ des grands chemins de la Gaule, lesquels sont au nombre de quatre et aboutissent, le premier, chez les Santons et en Aquitaine, le second au Rhin, le troisième à l’Océan et le quatrième dans la Narbonnaise et à la côte massaliote«  

Celui-ci distingue les aquitains des celtes, il écrit au livre VII (7) chapitre 1 « les Aquitains diffèrent des peuples de branche gauloise tant par leur constitution physique que par la langue qu’ils parlent, et ressemblent bien davantage aux Ibères. Ils ont pour limite le cours du Garounas et sont répandus entre ce fleuve et le mont Pyréné« . 

Le mot Gaulois en latin, Galica, peut provenir de Galatès, nom supposée venir du fils de l’union entre Hercules et une princesse, et ayant donné son nom aux tribus celtes, par ailleurs appelés Keltoi par les grecs. 

Diodore de Sicile écrit au livre XVIII « On raconte qu’autrefois, un roi fameux de la Celtique avait une fille d’une taille et d’une beauté extraordinaires. Cette princesse, que ces avantages rendaient très fière, ne jugea digne d’elle aucun de ceux qui la recherchaient. Hercule, qui faisait la guerre  à Géryon, s’était pour lors arrêté dans la Celtique, où il bâtissait la ville d’Alésia. La princesse ayant vu que ce Héros surpassait le commun des hommes, autant par la noblesse de sa figure et par la grandeur de sa taille que par ton courage, elle fut éprise d’un violent amour pour lui et ses parents y consentant avec joie, elle reçut Hercule dans son lit. De cette union naquit un fils nommé Galatès, qui fut supérieur à tous les habitants de ce pays par sa force et par ses vertus. Quand il eut atteint l’âge d’homme, il monta sur le trône de ses pères. Il augmenta son royaume de plusieurs états voisins et il s’acquit beaucoup de réputation à la guerre. Enfin, il donna à ses sujets le nom de Galates et au pays de sa domination celui de Galatie ou de Gaule« .

Outre les territoires des Gaules ainsi délimités par Rome, le territoire celtique était bien plus vaste, et mouvant par ailleurs. Il s’étendait au delà du Rhin, dans la partie nommée Germanie par Rome. Ainsi que l’île de Bretagne que l’on nomme Grande Bretagne, la Galice au nord de l’Espagne, la plaine du pô au nord de l’Italie à la frontière avec l’Eturie étrusque marquant la limite de Rome. En Europe de l’est jusqu’à l’Illyrie touchant la Grèce, et se prolongeant su le Danube lors de la grande migration celtique.

En grande Bretagne, appelée alors île de Bretagne, les populations cohabitants venaient des territoires celtiques et germaniques, ainsi que d’Ibérie, soit l’actuelle Espagne. Tacite écrivit, dans son livre Agricola, Description et histoire de la Bretagne, chapitre XI « Quant aux premiers occupants de l’île, on ne peut savoir avec certitude, comme toujours dans le cas de peuples barbares, s’ils s’agit d’autochtones ou s’ils sont venus d’ailleurs. Les Bretons présentent plusieurs types physiques, ce qui permet d’étayer autant d’hypothèses. Par exemple, les cheveux roux des Calédoniens et leurs membres allongés attestent une origine germanique. Basanés et souvent crépus, les Silures, dont le territoire est opposé à l’Espagne, donnent à penser qu’autrefois des Ibères ont traversé la mer et se sont fixés sur leurs terres. Ceux qui vivent le plus près de la Gaule ressemblent à ses habitants : soit l’origine ethnique reste marquante, soit le climat a conditionné le type humain dans ces régions qui se font face. En examinant la question dans ses grandes lignes, on peut, malgré tout, concevoir que des Gaulois ont occupé l’île du fait de sa proximité : on peut y retrouver les rites et les croyances religieuses propres à la Gaule; la langue n’est pas très différente« . 

Il est vrai aussi, que les celtes se ressemblaient, mais avaient aussi des dialectes et des lois différentes, et qu’ils se considéraient davantage en tribus ou nations distinctes, soit alliées, soit rivales, et certaines étant plus puissantes que d’autres. Nous pouvons considérer ces nations celtiques comme des territoires plus ou moins étendues à l’intérieur du territoire celte. Et cela est la raison pour laquelle, outre les grands rassemblements des druides ou des opida, les Gaules et leurs habitants gaulois ne se sont jamais entièrement fédérés et n’ont jamais constitué une nation à part entière. Il y avait des nations cohabitant, et les Gaules ont surtout été inventés par Rome.

Jules Cesar, dans la Guerre des Gaules livre VI (6) chapitre XII (12) , se fit écrire « Lorsque César vint dans la Gaule, les Héduens étaient les chefs d’une de ces factions, les Séquanes, ceux de l’autre.  Ces derniers, moins puissants par eux-mêmes, parce que la principale autorité appartenait depuis longtemps aux Héduens, lesquels possédaient de grandes clientèles, s’étaient unis avec Arioviste et les Germains, et les avaient attirés à eux à force de présents et de promesses. Après plusieurs victoires et la destruction de toute la noblesse des Héduens, ils acquirent une telle puissance qu’un grand nombre de peuples, clients des Héduens, passèrent dans leur parti. Ils prirent en otages les fils de leurs principaux citoyens, firent prêter publiquement à cette nation le serment de ne rien entreprendre contre eux, s’attribuèrent la partie du territoire conquise par leurs armes, et obtinrent la suprématie dans toute la Gaule« . 

Strabon relate aussi un exemple de rivalité entre deux tribus limitrophe des Gaules, les Eduens et les Sequanes, séparées par le fleuve Arar. Il écrit au livre IV chapitre III texte II « Les Aeduens se faisaient appeler aussi les frères du peuple romain, et ils avaient été effectivement les premiers d’entre les peuples de la Gaule à rechercher l’amitié et l’alliance des Romains. Les Séquanes, au contraire, qui habitent au delà de l’Arar, avaient été de bonne heure en butte à la haine des Romains, comme aussi des Aeduens (…)  Avec les Aeduens, la haine était de plus envenimée par des contestations incessantes au sujet du fleuve qui les sépare, chacun des deux peuples prétendant à la possession exclusive du cours de l’Arar et revendiquant la perception des péages« .

Strabon remarque aussi des points similaires entre des tribus des Gaules et les Tribus de Germanie, dont le terme général s’applique aussi à diverses tribus. Il écrit au livre VII chapitre I texte II : «  Comparés aux Celtes, les Germains offrent bien quelques petites différences, ils ont par exemple des moeurs plus sauvages, une taille plus élevée, les cheveux plus blonds, mais à cela près ils leur ressemblent fort et l’on retrouve chez eux les mêmes traits, le même caractère, le même genre de vie que nous avons précédemment décrits chez les Celtes. C’est même là, croyons-nous, ce qui leur a fait donner par les Romains le nom qu’ils portent : les Romains ont reconnu en eux les propres frères des Gaulois, et les ont appelé Germani, d’un mot de leur langue qui désigne les frères nés de même père et de même mère« . Tacite précise aussi, dans son livre moeurs des germains chapitre II, l’invention du mot Germanie, regroupant différentes tribus. Il écrivit « Marses, Gambriviens, Suèves, Vandales. Ce sont même là selon eux les anciens et véritables noms ; celui de Germanie est moderne et ajouté depuis peu« .

 

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