17 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

Imbolc – La purification

aulos - Copie

De nos jours, dans la pratique actuelle du paganisme d’inspiration celtique, Imbolc est célébrée au milieu de la période sombre. Il s’agit d’une fête de purification, que l’on nomme aussi lustration, et qui semble se rapprocher de fêtes similaires à la même période. Soit les lupercales pour les romains, dont il existait une pratique analogue en Grèce ancienne, ainsi que la chandeleur et le carem dans la pratique chrétienne. 

Aux pays de Galles, cette fête se nomme Gwyl Fair y Canhwyllau, soit la fête des chandelles de Marie. C’est à dire la Chandeleur. A ce moment de l’année, deux bougies étaient allumées pour illustrer le retour de la lumière et du soleil, et il était souhaité la fertilité du sol pour les futures travaux champêtres. Ces coutumes peuvent être plus anciens que la chandeleur. En France, il est aussi coutume de cuisiner et partager des crèpes.

Il n’est guère de trace permettant de retrouver les origines du mot Imbolc, provenant bien sûr de la tradition irlandaise. Mais la purification et la fertilité a été observée à ce moment de l’année par les romains avec les lupercales, ainsi que les grecs par leur sacrifice. Les athéniens célébraient les Anthestéries pour la fin de l’hiver, entre fevrier et mars, et honoraient aussi leurs défunts. 

Plutarque décrit les lupercales ainsi dans La vie des Hommes Illustres au livre XXVI : « celle des Lupercales, à en juger par l’époque de sa célébration, doit être une fête d’expiation : c’est le jour le plus malheureux du mois de février ; et le nom même de ce mois signifie expiatif. Ce jour s’appelait anciennement Februata. Le nom de la fête veut dire en grec la fête des loups ; cela prouve qu’elle est très ancienne, et qu’elle date du temps des Arcadiens qui suivirent Évandre en Italie ; c’est du moins l’opinion commune. Mais elle peut aussi avoir pris son nom de la louve qui allaita Romulus ; et ce qui porte à le croire, c’est que les luperques commencent leurs courses à l’endroit même où Romulus fut exposé. Il serait difficile d’assigner les causes des usages qui s’y pratiquent : on y égorge des chèvres ; on fait approcher deux jeunes gens des premières familles de Rome ; on leur touche le front avec un couteau ensanglanté, et aussitôt on le leur essuie avec de la laine imbibée de lait. Après cette dernière cérémonie, ils sont obligés de rite ; ensuite les luperques font des lanières des peaux de ces chèvres, et courant tout nus avec une simple ceinture de cuir, ils frappent tous ceux qu’ils rencontrent (…) De ceux qui furent ajoutés ou transposés par 168 Numa, l’un, février, peut s’expliquer mois des purifications. C’est là à peu près le sens du terme latin ; d’ailleurs, c’est dans ce mois qu’on sacrifie aux morts, et que l’on célèbre la fête des Lupercales, laquelle ressemble beaucoup à une purification« . Il évoque aussi le sacrifice du chien, qui heureusement ne se pratique plus, et que celui ci était pratiqué tant par les romains que par les grecs comme culte expiatoire. Il écrit « Une autre particularité de cette fête, c’est que les luperques y sacrifient un chien (…) Quant au chien qu’on sacrifie, si cette fête est réellement un jour d’expiation, il est immolé sans doute comme une victime propre à purifier. Les Grecs eux-mêmes se servent de ces animaux pour de semblables sacrifices« .

Nous pouvons conclure que le milieu de la période sombre compris entre l’hiver (lune de la période sombre) et l’été (lune de la période claire) est un retour à la lumière et à la fertilité. On se purifie, également par les sources d’eau claire, et deux bougies ou deux feux symbolisent la lumière. La fertilité, à la fois du sol et du masculin, et de la fécondité féminine, est aussi célébrée. 

 

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